Le Premier ministre japonais part pour un voyage de six jours en France et en Amérique latine
Le Premier ministre japonais Fumio Kishida s’est rendu mercredi en France pour une visite qui se déroulera également au Brésil et au Paraguay. Tokyo cherche à renforcer ses liens avec Paris et l’Amérique latine dans les domaines de la défense, du climat et de l’énergie.
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L’itinéraire de six jours verra Kishida rencontrer le président français Emmanuel Macron ainsi que le dirigeant brésilien Luiz Inacio Lula da Silva.
En décembre, Macron et Kishida ont adopté une feuille de route commune visant à intensifier la coopération dans les domaines de la défense et de l’énergie nucléaire, tout en acceptant de se coordonner étroitement face aux crises internationales.
Le document de 21 pages exprime son inquiétude face à l’affirmation croissante de la Chine, en particulier dans la mer de Chine méridionale, et son opposition à toute action mettant en danger la stabilité régionale et l’ordre international fondé sur des règles.
Il a également souligné l’importance de la réunion annuelle des ministres de la Défense du Pacifique Sud (SPDMM), accueillie en décembre dernier par la France en Nouvelle-Calédonie, et a réitéré le soutien commun de l’Ukraine face à l’agression russe.
Sécurité dans le Pacifique
La présence militaire française dans le Pacifique se compose de sept navires, neuf avions et quelque 7 000 militaires.
La France, le Japon et d’autres puissances régionales telles que l’Australie organisent régulièrement des exercices navals conjoints, tandis que l’année dernière, la France et le Japon ont organisé les tout premiers exercices de forces terrestres, en Nouvelle-Calédonie.
Les exercices Brunet-Takamori doivent leur nom à Jules Brunet, l’officier militaire français dont l’histoire a inspiré le film hollywoodien de 2003. Le dernier samouraïet Takamori Saigo, un chef de guerre japonais de l’ère de la restauration Meiji.
Pourtant, la France se situe sur une ligne ténue entre la Chine et le Japon. Lors du voyage de Macron à Pékin en avril 2023, son ton était nettement plus doux que celui des autres dirigeants européens.
Après la réunion de l’OTAN à Vilnius en juin dernier, la France s’est opposée avec succès au projet d’ouverture d’un bureau de liaison de l’OTAN à Tokyo, de peur de contrarier Pékin.
A Paris, Kishida rencontrera Macron et assistera à une réunion de l’OCDE pour « diriger les discussions sur les solutions à diverses questions économiques et sociales », selon son bureau.
« Année de l’Amérique latine »
Il traversera ensuite l’Atlantique jusqu’au Brésil.
« Cette année, le Brésil préside le G20 et le Pérou préside l’APEC. C’est l’année de l’Amérique latine et elle est au centre de l’attention du monde », a déclaré le porte-parole du gouvernement japonais.
« Le Japon aimerait saisir cette opportunité pour renforcer ses liens avec l’Amérique latine. »
Lors de sa rencontre avec Lula, Kishida devrait signer un accord de coopération bilatérale dans des domaines allant du changement climatique à la décarbonation et à d’autres questions environnementales.
Kishida amènera également une délégation représentant au moins 40 entreprises qui envisagent d’investir davantage au Brésil pour renforcer la coopération bilatérale dans le domaine des technologies vertes.