Le français TotalEnergies de nouveau devant la justice pour des projets d’énergies fossiles
La mesure vise à obliger TotalEnergies à mettre sa stratégie commerciale en conformité avec l’Accord de Paris de 2015 sur le changement climatique.
La ville française de Poitiers, 16 collectivités locales françaises et six ONG dont Amnesty International France et Sherpa soutiennent le procès.
Sébastien Mabile, l’un des avocats de la coalition, a déclaré que TotalEnergies était conscient du lien entre la crise climatique et ses produits depuis 50 ans.
« Nous ne pouvons pas leur laisser encore quelques mois ou décennies pour s’aligner, peut-être un jour dans le futur, sur l’Accord de Paris », a-t-il déclaré.
« Nous ne demandons aucune somme d’argent, aucune saisie (d’actifs), seulement des mesures d’alignement… pour sauver l’habitabilité de la planète. »
Campagne en cours
La coalition d’ONG a commencé sa campagne en 2020 et a été rejointe par les mairies de Paris et de New York l’an dernier.
A l’époque, la maire de Paris Anne Hidalgo avait également déclaré : « Pour en sortir et maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2°C, il faut absolument respecter l’Accord de Paris… Avec ce procès, nous voulons contraindre un acteur majeur de l’énergie à respecter l’Accord de Paris. »
Cependant Denis Chemla, avocat représentant TotalEnergies, a accusé la coalition de vouloir trop « déformer la procédure », estimant que leurs arguments ne visaient pas « le juge mais la presse ».
Les opérations de TotalEnergies comprennent des projets de gaz naturel liquéfié et de pétrole aux Émirats arabes unis, en Irak, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et en Ouganda, où elle a été critiquée pour un projet de pipeline qui, selon les militants, menace un écosystème et des moyens de subsistance fragiles.
Le géant français a également suscité la controverse sur son bénéfice net record de 20,5 milliards de dollars pour l’année dernière.
TotalEnergies prévoit d’allouer un tiers de ses investissements aux sources d’énergie bas carbone et d’atteindre 100 gigawatts de capacité d’électricité renouvelable d’ici 2030.
(avec AFP)