La longue bataille des femmes pour le vote en France et les générations qui l’ont menée
Ce 21 avril marque les 80 ans du droit de vote des femmes en France. Un décret de guerre a finalement accordé le suffrage égal en 1944, des décennies plus tard que les autres pays européens, et seulement après que des générations de femmes aient revendiqué leurs droits démocratiques.
Du Danemark à l’Azerbaïdjan, de l’Allemagne à la Géorgie, de la Russie au Royaume-Uni, des pans entiers de l’Europe ont accordé au moins un droit de vote limité aux femmes dans les années 1910.
La Finlande a accordé le droit de vote aux femmes encore plus tôt, en 1906. De l’autre côté du monde, l’Australie et la Nouvelle-Zélande avaient ouvert le droit de vote à certaines femmes en 1902 et 1893 respectivement.
Pourtant, en 1932, un sénateur français affirmait encore très sérieusement : « Donner le droit de vote aux femmes est un pari, un saut dans l’inconnu, et nous avons le devoir de ne pas nous précipiter dans cette aventure.
Effectivement, la France est allée lentement. Il faudra attendre encore 12 ans avant que le gouvernement de Charles de Gaulle en exil adopte le décret du 21 avril 1944 déclarant les femmes éligibles aux élections dans les mêmes conditions que les hommes.
Qu’est-ce qui a pris si longtemps ?
Courants de l’histoire
« C’est vrai que c’est une très très longue histoire, et ce n’est pas seulement 1944 », estime Anne-Sarah Moalic, une historienne dont le livre La Marche des Citoyennes (« La Marche des Citoyennes ») retrace l’histoire du mouvement pour le droit de vote en France.
« Mais on ne peut pas dire que ce soit vraiment le début d’un grand mouvement. »
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