La guerre de la Russie contre l’Ukraine catalyse la fragmentation d’Internet

Le 11 mars 2022, de nombreux observateurs retenaient leur souffle : le gouvernement russe avait ordonné aux opérateurs de sites Web russes de se rendre indépendants du Web mondial d’ici cette date. Alors qu’il est rapidement devenu clair que seuls les sites Web et les services appartenant à l’État se séparaient, l’idée d’un découplage de la Russie de l’Internet mondial a persisté dans les discussions et les reportages.

Quelques semaines après son invasion de l’Ukraine, la Russie avait en effet fait tomber un rideau de fer numérique étroitement maillé entre ses plus de 140 millions de citoyens et le reste du monde. Le gouvernement russe a bloqué de nombreux sites d’information et interdit de nombreux services Internet et plateformes sociales occidentales populaires, notamment Facebook, Instagram et Twitter. De nouvelles lois contre les fausses nouvelles menacent les poursuites administratives et pénales contre les Russes qui informent de la guerre de leur pays en Ukraine.

Malgré cette répression, la Russie n’a pas rompu ses liens avec l’Internet mondial. Pourtant, l’idée d’un RuNet autonome est plus qu’un simple dispositif rhétorique. La loi russe de 2019 sur la « souveraineté de l’internet » a créé la base juridique d’une sorte d’interrupteur marche/arrêt. Elle oblige les fournisseurs d’accès Internet (FAI) à permettre l’acheminement du trafic via des points d’échange agréés par l’agence fédérale Roskomnadzor. Il permet également à Roskomnadzor de forcer les FAI à acheminer le trafic via des systèmes de dérogation spéciaux que les autorités peuvent utiliser pour filtrer et réacheminer le trafic. De plus, depuis 2021, les FAI russes doivent être en mesure de traiter les requêtes adressées au système de noms de domaine (DNS) l’annuaire téléphonique d’Internet sur des serveurs situés dans le pays, garantissant que les ordinateurs peuvent localiser les ressources Internet même en cas de déconnexion nationale du réseau mondial. réseaux.

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La performance de ces systèmes dans des situations réelles reste difficile à évaluer. Un segment autonome qui reproduit une grande partie des fonctionnalités de l’internet mondial est plus difficile à mettre en œuvre techniquement qu’à envisager politiquement. Dans tous les cas, si la capacité de la Russie à couper les transmissions de données transfrontalières n’est pas invraisemblable, il est difficilement concevable que cela n’entraîne pas une dégradation significative du service. Une mesure aussi drastique semble donc improbable à moins que le Kremlin ne l’estime nécessaire pour reprendre le contrôle de l’information ou contrer les cyberincidents.

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