La France tente de s’entendre avec Washington avant sa première visite d’État
Le président français Emmanuel Macron sera suivi par un entourage important lors de sa visite d’État à Washington cette semaine, la première de l’administration Biden. Il a amené des ministres, des écrivains, deux astronautes, un pilote d’essai, un danseur de ballet et des magnats des affaires.
Ce qui est encore plus rare, c’est que c’est la deuxième fois que Macron est ainsi honoré. En 2018, il a également été le premier dirigeant étranger à être invité à une visite d’État sous l’ère Trump. Il y aura de la pompe et de l’apparat, d’une cérémonie de dépôt de couronnes au cimetière national d’Arlington à une interprétation des deux hymnes nationaux sur la pelouse sud de la Maison Blanche. Mais il y aura encore beaucoup de temps pour la politique.
Une visite d’Etat est le plus haut niveau d’engagement possible entre deux pays, a déclaré Philippe Etienne, ambassadeur de France aux Etats-Unis. Cela soulignera la profondeur du partenariat entre la France et les États-Unis en tant qu’alliés les plus anciens. Mais ce sera aussi l’occasion de faire le point ensemble, au plus haut niveau, sur les nombreux défis auxquels nos deux pays sont confrontés en ce moment.
Le président français Emmanuel Macron sera suivi par un entourage important lors de sa visite d’État à Washington cette semaine, la première de l’administration Biden. Il a amené des ministres, des écrivains, deux astronautes, un pilote d’essai, un danseur de ballet et des magnats des affaires.
Ce qui est encore plus rare, c’est que c’est la deuxième fois que Macron est ainsi honoré. En 2018, il a également été le premier dirigeant étranger à être invité à une visite d’État sous l’ère Trump. Il y aura de la pompe et de l’apparat, d’une cérémonie de dépôt de couronnes au cimetière national d’Arlington à une interprétation des deux hymnes nationaux sur la pelouse sud de la Maison Blanche. Mais il y aura encore beaucoup de temps pour la politique.
Une visite d’État est le niveau d’engagement le plus élevé possible entre deux pays, a déclaré Philippe Étienne, ambassadeur de France aux États-Unis. Cela soulignera la profondeur du partenariat entre la France et les États-Unis en tant qu’alliés les plus anciens. Mais ce sera aussi l’occasion de faire le point ensemble, au plus haut niveau, sur les nombreux défis auxquels nos deux pays sont confrontés en ce moment.
Police étrangère s’est entretenu avec Etienne dans son bureau à l’ambassade de France à Washington de la réponse alliée à la guerre de la Russie en Ukraine, de la sécurité énergétique en Europe et de la concurrence économique entre alliés.
Cette interview a été modifiée pour plus de longueur et de clarté.
Police étrangère: Commençons par le haut. Les Européens auront du mal à payer des coûts énergétiques plus élevés cet hiver, pourtant l’Union européenne a récemment convenu d’un huitième paquet de sanctions contre la Russie. La sécurité énergétique sera-t-elle au centre des échanges cette semaine ?
Philippe Étienne : En raison de la brutale agression russe, nous devrons discuter des différents aspects de notre politique : les sanctions, la mise en œuvre des sanctions, l’énergie aussi, bien sûr, en adaptant notre soutien à l’Ukraine elle-même. Les présidents français et ukrainien ont donc décidé d’organiser une conférence des donateurs internationaux à Paris le 13 décembre. Les États-Unis seront de la partie. Nous voulons tendre la main à de nombreux pays pour participer à cette conférence des donateurs afin de soutenir la résilience ukrainienne cet hiver, en particulier les infrastructures civiles, les systèmes d’électricité, d’eau et d’assainissement qui sont visés par les bombardements russes.
PF : Si l’Ukraine avait de meilleurs systèmes de défense aérienne, elle n’aurait pas besoin de reconstruire son infrastructure civile presque quotidiennement.
PE : Vous avez raison, ces différents aspects sont liés. Vous ne pouvez donc pas les considérer indépendamment. La conférence de Paris sera centrée sur les aspects de résilience, mais nous devons simultanément aborder l’évolution des besoins militaires.
PF : Macron a répété à plusieurs reprises que la guerre de la Russie en Ukraine devait se terminer à la table des négociations et non sur le champ de bataille. Plus récemment, il a déclaré que la Chine pourrait avoir un rôle à jouer dans les négociations.
PE : Mais bien sûr. La Chine est membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies. Alors, soyons sérieux. Dirons-nous simplement que la Chine n’a rien à voir là-dedans ? Allez. Ils ont une responsabilité, au moins en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, et ils se disent eux-mêmes attachés aux principes de souveraineté et d’intégrité territoriale.
PF : Comment la France envisage-t-elle d’éventuelles négociations pour mettre fin à ce conflit exacerbé ? L’OTAN devrait-elle être au centre ? Nécessite-t-il une approche internationale ?
PE : L’agression vient de Russie. Nous ne devons jamais oublier qui est attaqué et qui attaque. Alors, bien sûr, les Ukrainiens doivent décider quand ils sont prêts à négocier. L’Ukraine aura besoin de certaines garanties de sécurité. Les Ukrainiens disent très souvent que la guerre n’a pas commencé en 2022 mais en 2014. Donc, nous devons d’abord décider qui peut fournir des garanties de sécurité. Ensuite, nous voulons impliquer l’ensemble de la communauté mondiale. La Chine mais aussi d’autres grandes nations émergentes, des nations africaines. Parce que ce n’est pas seulement un problème européen. Je suis sûr que cette dimension mondiale sera discutée lors de la visite d’État.
PF : Étant donné que vous êtes un ancien ambassadeur en Roumanie, pouvez-vous nous éclairer sur les raisons pour lesquelles la France a envoyé des troupes et du matériel dans ce pays frontalier à la fois de l’Ukraine et de la Moldavie, un autre pays où les troupes russes occupent une partie du territoire, en soi-disant Transnistrie ?
PE : Ceci est parfois négligé dans les évaluations du soutien français à l’Ukraine. Nous avons décidé de participer activement au renforcement du flanc oriental de l’OTAN. La Roumanie est un État membre de l’UE et de l’OTAN. Notre ministre de la Défense et d’autres membres de notre cabinet ont récemment visité notre déploiement militaire en Roumanie. C’est vraiment important. Je ne suis pas responsable des décisions politiques, mais je me sens proche de la Roumanie ayant été ambassadeur à Bucarest de 2002 à 2005.
PF : Autrement dit, c’est un beau pays mais dans un quartier difficile ?
PE : Exactement. La Roumanie est vraiment à la pointe de ce conflit.
PF : Vous mentionnez les implications mondiales de la guerre, mais sûrement, l’une des plus grandes implications en dehors de l’Ukraine est la flambée des prix de l’énergie en Europe. Macron a récemment déclaré dans un entretien télévisé qu’il a l’intention de négocier avec des alliés pour réduire le prix des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) vers l’Europe. Mais comment cela peut-il être fait lorsque le GNL est commercialisé sur des marchés libres ?
PE : Nous voulons travailler avec les États-Unis, à la fois le gouvernement mais aussi le secteur privé, pour voir comment nous pouvons résoudre ce problème d’une manière compatible avec les intérêts de chacun. Nous sommes reconnaissants que les États-Unis fournissent l’Europe en GNL, mais il y a des problèmes de prix. Vous voyez donc que c’est une série de questions qui sont politiquement sensibles. Ils sont économiquement très significatifs. Ils sont techniquement complexes. Et nous devons aborder ces questions sérieusement avec les États-Unis afin de rester unis. Il y a des gens, surtout à Moscou, qui veulent nous voir divisés. Nous voulons rester unis.
PF : Le gaz naturel est une part négligeable du mix énergétique français, mais pour certains pays européens, il est très important. Craignez-vous que si les prix du gaz naturel restent élevés, cela signifierait une récession en Allemagne qui pourrait conduire à une récession à l’échelle européenne ?
PE : L’Allemagne est la première économie d’Europe et l’Europe est un marché intégré. Nous avons donc décidé d’avoir une politique de achats communs de gaz naturel, comme nous l’avons fait pour les vaccins pendant la crise du COVID-19. Nous devons atténuer, de manière équilibrée, les effets de la guerre de manière à ce que l’Europe et les États-Unis sortent plus forts de cette guerre.
PF : Le plan de relance des administrations Biden a irrité l’Europe. Il y a des subventions, des crédits d’impôts, Paris considère-t-il cette dernière mesure comme injuste ou anticoncurrentielle ?
PE : C’est un problème à l’échelle de l’UE. Ce n’est pas un problème français. Les États-Unis ne doivent pas se méprendre. En Europe, nous sommes heureux que les États-Unis progressent vers la mise en œuvre de leurs objectifs climatiques. Mais il y a dans cette nouvelle loi un certain nombre de crédits d’impôt qui sont discriminatoires. Nous considérons dans l’UE qu’elles sont incompatibles avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce et qu’elles sont discriminatoires envers les Européens, vos alliés.