La France réaffirme son attachement aux valeurs démocratiques et au respect de l’Etat de droit

Monsieur le Président,

Je remercie le Secrétaire général, le Président de la Cour internationale de Justice et le professeur Akande de leurs exposés.

Alors que nous venons de célébrer le dixième anniversaire de la Déclaration de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur l’état de droit, je tiens à vous remercier d’avoir organisé ce débat.

Le 24 septembre 2012, nos dirigeants ont réaffirmé leur attachement à l’État de droit et leur adhésion aux principes fondateurs de la Charte que sont le respect de l’indépendance, de la souveraineté, de l’intégrité territoriale de tous les pays.

Ce faisant, tous les États Membres, y compris les membres de ce Conseil, se sont engagés à s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État. Tout manquement à ces obligations, comme la poursuite de l’agression de la Russie contre l’Ukraine, constitue une grave violation de la Charte des Nations Unies et un déni de l’État de droit.

Monsieur le Président,

Le renforcement de l’État de droit permet aussi d’agir face aux crises financières, climatiques et sanitaires qui ont aggravé les inégalités, les injustices et les discriminations à travers le monde. Cette coopération est fondamentale pour mettre fin aux conflits.

Le Conseil de sécurité a un rôle central à jouer dans le rétablissement de l’état de droit. Suite à la déclaration de 2012, il a pris ses responsabilités en intégrant la promotion et la restauration de l’État de droit dans plusieurs de ses résolutions, par exemple en ce qui concerne l’Irak. L’appui à l’état de droit, aux institutions judiciaires et à un secteur de la sécurité responsable fait partie des mandats de plusieurs opérations de maintien de la paix. Récemment, le Conseil de sécurité, dans sa résolution sur le Myanmar, a exhorté toutes les parties à respecter les droits de l’homme, les libertés fondamentales et l’état de droit.

Monsieur le Président,

Alors que nous célébrons le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, la France réaffirme son attachement aux valeurs démocratiques et au respect de l’État de droit par tous les États. Il défend le respect rigoureux des principes du droit international relatifs aux relations amicales et à la coopération entre les États, indispensables au maintien de la paix et de la sécurité internationales, dont ce Conseil est le garant.

Le nombre croissant d’attaques et de remises en cause de l’État de droit doit nous inciter à agir davantage.

Ce Conseil doit protéger l’état de droit dans ses résolutions, notamment en garantissant la participation de toutes les composantes de la société, en particulier les femmes et les jeunes, aux processus de paix. Plus largement, elle doit agir et être à la hauteur de ses responsabilités. C’est le sens de notre initiative sur l’usage du droit de veto en cas d’atrocités de masse, menée avec le Mexique, et qui compte déjà 106 partisans. J’invite les États membres qui ne l’ont pas encore fait à y adhérer.

L’accès à la justice pour tous est un impératif : pour cela, nous devons soutenir et investir dans des actions de renforcement des systèmes judiciaires nationaux. Nous devons également lutter contre l’impunité en traduisant en justice les auteurs de violations graves du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Là où les juridictions nationales ne peuvent agir seules, ce Conseil doit renforcer le rôle de la Cour pénale internationale. Il est essentiel que tous les États Membres respectent les décisions de la Cour internationale de Justice.

Nous devons également lutter contre les violations croissantes du droit international humanitaire et les attaques contre les populations civiles. C’est le sens de l’Appel à l’action humanitaire que la France a lancé avec l’Allemagne en 2019 et de la réunion ministérielle organisée sous notre présidence en juillet 2021. Je rappelle notre soutien constant aux mécanismes mis en place par ce Conseil contre les abus visant les enfants et contre violences sexuelles commises en temps de conflit.

Enfin, nous devons soutenir fermement le travail des Nations unies, du Haut Commissariat aux droits de l’homme, d’ONU Femmes et de tous les instruments onusiens qui, sous l’autorité du Secrétaire général, jouent un rôle déterminant dans la protection et la promotion de l’état de la loi. La France reconnaît l’importance centrale de l' »Agenda commun » dans la promotion d’un ordre multilatéral fondé sur l’Etat de droit. Travaillons ensemble pour mettre en œuvre les recommandations du Secrétaire général sur le renforcement et la coordination de l’action des Nations Unies dans ce domaine.

Merci.

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