La France prévoit d’utiliser le ralentissement des startups pour s’imposer en Europe
Un seul écosystème majeur de startups en Europe a vu les startups augmenter Suite d’argent en 2022 qu’en 2021 France. Et le gouvernement français tient à ce que les choses restent ainsi.
Depuis quelques mois, le gouvernement et son agence startup La French Tech Mission ont lancé des programmes de promotion des startups agritech, healthtech et climate tech. La banque d’État Bpifrance injecte 500 millions supplémentaires dans les startups deeptech. Le gouvernement envisage également de nouvelles réformes financières qui stimuleraient l’entrepreneuriat et l’investissement.
Alors que le nombre de licornes chéries (allant de 28 à 36 selon le nombre que vous croyez) risque de ralentir, le gouvernement a fixé de nouveaux objectifs soutenus par des réformes pour voir 10 licornes entrer en bourse d’ici 2025 à la Bourse de Paris. Il est toujours en train de déployer 1 milliard pour créer 37 000 emplois dans la cybersécurité et trois licornes de la sécurité d’ici 2025. Et sous-jacent à tout cela se trouve un plan tentaculaire de 54 milliards baptisé France 2030 pour accélérer les technologies qui contribuent aux transitions environnementales tout en soutenant les technologies émergentes comme l’hydrogène et la technologie spatiale. .
Phew.
C’est une frénésie d’activité gouvernementale inégalée dans tout autre écosystème de startups européen, conçue pour faire passer la machine de démarrage des nations à une vitesse encore plus élevée. Alors que d’autres régions jouent la défense, la France parie sur l’innovation et l’entrepreneuriat pour être la pierre angulaire de son économie future et de la création d’emplois plutôt que de se soucier de renflouer sa génération actuelle de startups.
Je suis convaincu de la solidité de notre écosystème, déclare le ministre français du numérique Jean-Nol Barrot. Nos entrepreneurs ont fait preuve de résilience lors des crises précédentes. Ils ont l’expérience pour pouvoir itérer rapidement et s’adapter.
Ville de La Boum
Au cours de la dernière décennie, depuis la création de l’initiative La French Tech, le gouvernement français a été l’un des plus interventionnistes d’Europe en termes d’injection de capitaux dans les startups et de développement d’un large éventail de stratégies pour catalyser son économie de l’innovation.
Ses gros dividendes ont été payés. Le montant des financements et le nombre de startups créées en France ont explosé et placé la nation au premier rang des écosystèmes européens.
Selon Dealroom, les startups françaises ont levé 14,6 milliards de dollars en 2022, contre 13,5 milliards de dollars en 2021. Cela a fait de la France le seul grand écosystème européen à voir une augmentation de financement l’année dernière, le Royaume-Uni et l’Allemagne ayant enregistré de fortes baisses de plus de 20% tandis que les États-Unis la collecte de fonds a chuté de plus de 30 %.
Le président Emmanuel Macron s’était autrefois fixé un objectif extrêmement ambitieux de créer 25 licornes en France d’ici 2025, mais la nation a dépassé ce nombre l’année dernière avec trois ans d’avance.
Et pourtant, les cinq hauts sont quelque peu atténués parce que ces chiffres de 2022 ont été améliorés par une série de mégarounds annoncés en janvier 2022 pour des entreprises comme Exotec, PayFit, Ankorstore, Qonto et Back Market, dont la plupart ont probablement fermé en 2021 avant le début des économies mondiales. au réservoir.
Au second semestre 2022, les startups françaises n’ont levé que 4,5 milliards de dollars, contre 7,1 milliards de dollars au cours de la même période en 2021. Comme ce fut le cas dans le monde entier, les investisseurs non traditionnels tels que les sociétés de capital-investissement qui avaient inondé les startups d’énormes quantités de fonds -scène de trésorerie ces dernières années s’est soudainement tarie.
Et pourtant, il y a de nombreuses raisons de croire que le coup économique ne frappera pas aussi durement les startups françaises qu’ailleurs.
A moyen terme, il n’y a pas de raison de ne pas s’enthousiasmer pour l’écosystème français
Dans un récent rapport sur l’état de l’écosystème de la French Tech, l’investisseur d’Eurazeo Alexandre Dewez a noté que seule une poignée de scale-up françaises de premier plan ont annoncé des licenciements massifs ces derniers mois. Les sociétés françaises de capital-risque ont levé 4,3 milliards en 2022, juste un cheveu de moins que les 4,4 milliards clôturés en 2021, ce qui signifie qu’elles ont encore beaucoup de poudre sèche à investir. Et les investissements aux stades de l’amorçage et de la série A restent très compétitifs, selon Dewez.
A moyen terme, il n’y a aucune raison de ne pas être enthousiasmé par l’écosystème français, écrit-il.
Roxanne Varza, directrice du startup campus parisien Station F, fait écho à cet optimisme. Les entreprises connectées au campus ont levé près d’un milliard en 2022, soit environ le double de l’année précédente.
Beaucoup s’attendent à ce que l’économie rebondisse au second semestre, dit Varza. Le stade précoce était assez bien protégé (les chiffres de la station F étaient assez constants) tout au long de l’année. Quoi qu’il en soit, je pense que l’écosystème a été assez résistant et si H2 est fort, je pense que l’impact négatif sera assez limité.
Bpifrance amortit le coup
Selon Dewez, le plus critique de cet atterrissage en douceur est peut-être le rôle massif que la banque d’État Bpifrance continue de jouer dans l’économie française des startups.
Bpifrance supervise des actifs d’investissement de 44,5 milliards qu’elle investit directement dans des startups via une gamme de ses fonds propres, tout en investissant également dans des sociétés de capital-risque via un fonds de fonds de 13,5 milliards. Selon les recherches de Dewez, Bpifrance a directement participé à 107 tours de financement, soit environ 16 % du total des transactions en France et représentant environ 25 % de tous les fonds levés en 2022.
Le pourcentage de financement direct et indirect des startups françaises provenant de Bpifrance n’a cependant cessé de baisser, les startups françaises attirant davantage d’investisseurs internationaux ; l’un des principaux objectifs de l’organisation.
À ce titre, Bpifrance a tourné son attention vers des programmes tels que son initiative 2bn deeptech pour encourager les startups basées sur la science et la recherche qui créent des produits basés sur des découvertes révolutionnaires. La banque s’est également efforcée de réformer les règles de transfert de technologie tout en encourageant davantage d’universités à soutenir les membres du corps professoral qui souhaitent devenir entrepreneurs.
Selon les statistiques de Bpifrances, la France a produit 250 startups deeptech en 2021, contre 150 en 2019. En octobre dernier, un nouveau programme appelé French Tech DeepNum20 a fait ses débuts ; un groupe restreint de 20 startups deeptech bénéficiera d’un accompagnement sur mesure de La French Tech pour les aider à naviguer dans la bureaucratie française, à attirer les talents et à se développer sur les marchés internationaux.
Les 20 entreprises ont été sélectionnées en fonction de leur potentiel dans des domaines tels que la technologie spatiale, l’IA, la robotique, la sécurité et les semi-conducteurs. L’un des lauréats, la start-up d’informatique quantique PASQAL, vient de lever un tour de table de 100 millions d’euros, dont des fonds de Bpifrance.
Malgré la crise, ou peut-être même à cause de la crise, il faut préparer l’avenir et continuer à investir
Plus tôt cette année, Bpifrance a annoncé un financement supplémentaire de 500 millions dans le but de créer 500 startups deeptech par an. Paul-François Fournier, directeur général adjoint de Bpifrance Innovation, affirme que de tels investissements de l’État restent essentiels pour les startups basées sur la recherche qui auront besoin d’un horizon plus long pour développer des produits, trouver un marché et devenir financièrement viables.
Il s’agit d’un effort à long terme pour encourager un nouvel écosystème de startups encore plus axé sur la technologie, dit-il. Malgré la crise, ou peut-être même à cause de la crise, nous devons préparer l’avenir et continuer à investir.
De gros paris d’avenir sur la French tech
Cette volonté de saisir l’avenir, plutôt que de battre en retraite face aux vents contraires de l’économie, semble être l’esprit dominant en France.
Avec l’écart de collecte de fonds pour les startups en 2022 plus proche que jamais entre la France et le Royaume-Uni, leader européen de longue date, le gouvernement français souhaite capitaliser sur son élan pour établir une position de leader sur les marchés technologiques émergents critiques de demain.
La French Tech DeepNum20 n’est qu’un des programmes vertigineux soutenus par le généreux cadre France 2030. La French Tech Green20 a débuté en 2021. En juillet dernier avait lieu la première French Tech AGRI20 des startups agritech. En novembre, le processus de nomination de la nouvelle French Tech Health20 a commencé.
Et il y a deux semaines, Barrot a réitéré le soutien du gouvernement à un plan quinquennal visant à accélérer l’industrie française de l’esport avec des tournois plus importants, dont une Semaine olympique de l’esport en 2024.
Il s’agit d’un effort à long terme pour encourager un nouvel écosystème de startups encore plus axé sur la technologie »
La directrice de La French Tech, Clara Chappaz, a également souligné que cette vague d’actions s’inscrivait dans une stratégie à long terme plutôt qu’une réaction à la baisse des financements. Les entrepreneurs français ont encore beaucoup d’argent en banque grâce à ces gros tours de table, dit-elle ; ils ont une piste suffisante pour trouver un chemin vers la rentabilité.
Son équipe anime des forums où entrepreneurs et investisseurs peuvent partager des leçons et des conseils et trouver un soutien mutuel. L’une de ces discussions s’est concentrée sur la façon de financer les usines et les processus industriels, tandis qu’une autre s’est concentrée sur les fusions et acquisitions. Chappaz dit que les startups disposant d’un financement pensent qu’elles peuvent utiliser ce moment et la baisse des valorisations à leur avantage en consolidant leurs marchés pour se développer.
Nous restons très proches des entrepreneurs pour comprendre de première main comment la situation évolue, dit-elle. Comment pouvons-nous les aider à traverser cette situation? Nous les soutenons d’une manière qui leur permet d’apprendre les uns des autres.
Pourtant, Macron reste implacable dans sa quête pour faire de la France une Startup Nation. À cette fin, son Premier ministre a récemment nommé Paul Midy, un entrepreneur élu à l’Assemblée nationale l’année dernière, pour identifier de nouvelles réformes susceptibles de stimuler le financement des startups en France.
Midy dit qu’il vient de commencer le processus d’interview des fondateurs, des investisseurs et d’autres experts économiques pour identifier les obstacles et générer des idées. Cette tâche comprendra également une consultation publique en ligne ainsi que l’étude des stratégies adoptées par d’autres gouvernements.
Par exemple, Midy et d’autres ont cité le Seed Enterprise Investment Scheme (SEIS) du Royaume-Uni comme un modèle qu’ils aimeraient voir la France imiter pour encourager davantage de personnes à participer à l’investissement dans les startups.
L’objectif est de présenter ces plans à temps pour le prochain budget, qui est généralement soumis en septembre, y compris les moyens de compenser les incitations susceptibles de réduire les impôts. Midy affirme que même si les startups françaises ont fait d’énormes progrès au cours de la dernière décennie, davantage peut et doit être fait pour soutenir un secteur qui reste un moteur essentiel de création d’emplois pour l’économie.
La dynamique de collecte de fonds est en train de changer, dit Midy. Raison de plus pour trouver les outils pour accompagner l’investissement dans les startups et maintenir la dynamique. Parce que le moyen le plus efficace de créer des emplois, de vrais emplois, c’est d’aider à la création et au développement de jeunes entreprises innovantes.
Chris OBrien est un correspondant de Sifted basé en France. Il tweete de@obrien