La France doit tripler ses capacités d’énergie renouvelable d’ici 2035, déclare le gestionnaire du réseau
Pour atteindre ses objectifs européens, la France devra tripler son recours aux énergies renouvelables et réduire sa consommation d’énergie d’un tiers d’ici 2035, a déclaré le gestionnaire du réseau électrique français RTE dans ses perspectives énergétiques 2030-2035.
Mercredi, RTE a mis à jour ses scénarios sur la situation énergétique de la France jusqu’en 2030 et 2035, en tenant compte de l’impact de la guerre en Ukraine sur la transition verte de la France et de l’UE.
La nouvelle évaluation est également conforme aux dernières projections de production d’énergie décarbonée présentées la semaine dernière par la ministre française de la Transition énergétique, Agns Pannier-Runacher.
Ce sont des objectifs très ambitieux mais réalisables, a déclaré Xavier Piechaczyk, président du conseil d’administration de RTE, commentant les scénarios du gestionnaire de réseau qui visent à atteindre l’objectif de l’UE de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre de 55 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2030.
Pour 2030, RTE prévoit une réduction de la consommation d’énergie d’environ 20 % d’ici 2030 (1 300 TWh) et d’environ 30 % d’ici 2035 (1 100 TWh) par rapport à 2022 (1 600 TWh).
Pour atteindre cet objectif et décarboner son mix énergétique, la France devra électrifier son parc et produire 640 à 700 TWh d’électricité décarbonée d’ici 2035, contre 395 TWh aujourd’hui, selon RTE.
Les renouvelables devraient jouer un rôle prépondérant, RTE visant un objectif de 270 à 320 TWh d’ici 2035, contre 120 TWh aujourd’hui.
Dans le meilleur des cas, RTE table sur 110 TWh d’énergie solaire d’ici 2035, 85 TWh d’éolien terrestre et 65 TWh d’éolien offshore d’ici 2035.
Par rapport à la capacité actuelle, le taux d’installation devrait correspondre à celui de l’Allemagne pour le solaire photovoltaïque, suivre le rythme de l’Espagne pour l’éolien terrestre et égaler celui du Royaume-Uni pour l’éolien offshore.
Respect des objectifs de l’UE
Les projections de RTE s’alignent sur la nouvelle législation européenne, qui oblige le bloc à atteindre un objectif de 42,5 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, a confirmé Pannier-Runacher.
Pour le nucléaire, RTE s’attend à ce que la production atteigne 400 TWh d’ici 2030 si les conditions de production restent optimales d’ici là. Dans un scénario moins optimal, qui inclurait la fermeture possible de trois réacteurs nucléaires d’ici 2035, RTE s’attend à ce que la production atteigne 360 TWh, soit moins qu’avant la crise énergétique et lorsque les problèmes de corrosion affligeaient les réacteurs français.
Alors que RTE a souligné que l’efficacité et la sobriété énergétiques devaient jouer leur rôle dans la réduction de la consommation énergétique française de 160 TWh par an d’ici 2035, Thomas Veyrenc, membre du comité exécutif de RTE, a déclaré que la flexibilité est désormais aussi une priorité pour assurer notre sécurité d’approvisionnement. fournir.
Concernant les interconnexions françaises dans l’UE, Veyrenc a expliqué que celles-ci restent essentielles car elles apportent d’énormes gains en termes de sécurité et de gains économiques.
Sans eux, la France n’aurait pas pu fermer ses centrales au charbon, et l’Allemagne n’aurait pas pu fermer ses centrales nucléaires, a-t-il ajouté.
En d’autres termes, la sécurité énergétique et l’équilibre entre l’offre et la demande ne peuvent être atteints que grâce à une vision européenne, a-t-il conclu.
D’ici 2035, la production d’électricité dans l’UE et au Royaume-Uni pourrait atteindre 4 350 TWh, tandis que l’Allemagne a enregistré 2 640 TWh en 2022, selon le rapport de RTE.
L’Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne sont les plus gros producteurs.
(Paul Messad | Euractiv.fr)
