La France a connu une augmentation de tous les types de racisme en 2023, selon un rapport
Le racisme et l’intolérance sont en hausse en France, alimentés par la guerre à Gaza et les idées d’extrême droite dans le débat public, a déclaré la Commission française des droits de l’Homme, la CNCDH, dans un rapport annuel publié jeudi.
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Pourquoi c’est important
Le Rassemblement national (RN) d’extrême droite est en tête des sondages pour les prochaines élections législatives, avec un programme qui propose de restreindre les droits des immigrés en France, ce qui, selon la CNCDH, est en « opposition frontale aux principes d’égalité, de fraternité et de liberté » inscrits dans la Constitution française et encouragera les opinions racistes.
Contexte
Le RN a remporté 88 sièges aux élections législatives de 2022, devenant ainsi le deuxième parti au Parlement, et 30 sièges au Parlement européen lors du vote européen du début du mois.
Pendant ce temps, le gouvernement d’Emmanuel Macron a basculé vers la droite sur les questions de sécurité, d’identité et d’immigration.
La guerre de Gaza a déclenché une montée de l’antisémitisme et de l’islamophobie en France, comme dans d’autres parties du monde.
Citations clés
« L’année 2023 a été marquée par une forte progression du rejet de l’Autre, que ce soit dans les opinions ou dans les actes », indique le rapport de la CNCDH.
« Le conflit israélo-palestinien donne régulièrement lieu à des actes (antisémites), qui culminent lors des opérations menées par l’armée israélienne dans les territoires palestiniens. Mais ce niveau est sans précédent », a déclaré la CNCDH.
« La loi sur l’immigration proposée par le gouvernement en février 2023 et qui faisait écho à (l’idée du RN) la ‘préférence nationale’ et les débats qui l’entourent ont amplifié cette tendance xénophobe », estime-t-il.
En chiffres
- Les signalements d’actes antisémites et antimusulmans ont augmenté respectivement de 284 % et 29 %, tandis que les autres types d’actes racistes ont augmenté de 21 %.
- 51 % des personnes interrogées en population générale ne se sentent plus chez elles en France, contre 43 % des Français en 2022, ce que les auteurs du rapport associent à un rejet de l’immigration. Ce sentiment s’élève à 91 % parmi les sympathisants du RN.
- 43% des Français interrogés pensent que la précarité est essentiellement due à l’immigration, contre 83% des sympathisants du RN.
- 69% ne soutiennent pas l’idée de « préférence nationale » du RN selon laquelle les Français devraient être favorisés pour l’emploi, les avantages sociaux et le logement par rapport aux étrangers.
(Reuters)
