La baguette française devient une autre victime de la guerre en Ukraine

Les retombées de la guerre en Ukraine frappent même la baguette emblématique de la France, qui a récemment été ajoutée à la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Lundi, les boulangers français sont descendus dans les rues de Paris pour protester contre la flambée de l’énergie et d’autres prix qui, selon eux, mettent en péril leur commerce.

Denis Durand commence ses journées de travail à 3h30 du matin pour cuire les baguettes croustillantes et les croissants qui sont la base des petits déjeuners français. Sa boulangerie bio, ou boulangerie, dans l’Est parisien est une entreprise familiale depuis six décennies. Mais aujourd’hui, il est de plus en plus difficile de joindre les deux bouts.

Denis Durand est vu dans sa boulangerie à Paris, qui appartient à la famille depuis six décennies.  (Lisa Bryant/VOA)

Denis Durand est vu dans sa boulangerie à Paris, qui appartient à la famille depuis six décennies. (Lisa Bryant/VOA)

Il dit que les boulangers comme lui, connus sous le nom de « boulangers » en France, voient leurs bénéfices disparaître. Ils reçoivent beaucoup de promesses du gouvernement, dit-il, mais rien de concret.

Comme beaucoup d’autres, Durand ressent les effets de la flambée des prix depuis la guerre en Ukraine et de l’embargo de l’Union européenne sur l’énergie russe.

Il dit que ses coûts énergétiques mensuels ont doublé, d’autres boulangers ont vu leurs factures d’énergie quintupler ou plus. Les prix de la farine, du sucre, des œufs et des emballages de ses pains et viennoiseries sont également en forte hausse.

Les autorités ont annoncé un soutien aux 33 000 boulangeries artisanales et autres petites et moyennes entreprises du pays.

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a également appelé les fournisseurs d’énergie à renégocier les contrats des boulangers en cas d’explosion des prix de l’énergie.

Mais beaucoup de ces boulangers artisanaux disent que ce n’est pas suffisant. Et lundi, Durand a rejoint ses collègues boulangers à Paris pour manifester contre la flambée des prix.

Des boulangeries comme celle de Denis Durand à Paris, en France, ont du mal à faire face aux coûts de l'énergie, de la farine et du sucre depuis la guerre en Ukraine.  (Lisa Bryant/VOA)

Des boulangeries comme celle de Denis Durand à Paris, en France, ont du mal à faire face aux coûts de l’énergie, de la farine et du sucre depuis la guerre en Ukraine. (Lisa Bryant/VOA)

La manifestation était organisée par le Collectif pour la Survie des Boulangers et Artisans. Le boulanger niçois Frédéric Roy, qui a cofondé le groupe, affirme que le gouvernement prévient que si le gouvernement ne fait pas plus pour réduire leurs coûts, beaucoup risquent de faire faillite.

Mais tous les groupes de boulangers ne sont pas de la partie. Certains syndicats n’ont pas rejoint la manifestation de lundi.

Franck Thomasse, qui dirige un syndicat de boulangers de la région parisienne, affirme que négocier avec le gouvernement pour plus de soutien est plus efficace que protester.

Mais le boulanger Durand n’est pas d’accord. Il essaie de couper les coins ronds mais dit que ce n’est pas assez. Les boulangers comme lui sont la pierre angulaire de la France, dit-il, mais aujourd’hui, ils ont l’impression d’être les derniers servis.

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