« J’aurais aimé que ça n’existe pas » : les propos d’Adèle Haenel sur le recours du réalisateur Christophe Ruggia pour viol
Il a parlé avec l’espoir de « changer le monde pour la droite ». De réaffirmer sa position de victime face à Christophe Ruggia, qui nie toujours l’avoir maltraité et l’avoir contrôlée, de 12 à 15 ans. A l’appel du réalisateur qui lui a offert son premier rôle dans le film en 2001 alors qu’elle était enfant, Adèle Haenel a nié la série de douleurs du film dès le moment où elle tournait le film. Diables.
Initialement, l’acteur avait été condamné à quatre ans de prison, dont deux avec sursis fin 2024. Le tribunal l’a déclaré coupable, notamment dans les années qui ont suivi le tournage du film, il avait agressé sexuellement la jeune fille, qui se rendait chez lui presque tous les samedis après-midi. La décision a été portée en appel.
En début d’après-midi du 19 décembre, l’affaire a été retardée et la seconde moitié, qui est l’audition des acteurs, des requêtes et des plaintes, a été suspendue.
« J’aurais aimé ne pas être là »
J’ai hâte qu’Adèle Haenel se présente ce vendredi, vêtue d’un costume noir sur une chemise verte. Il est revenu une première fois sur l’avis de Christophe Ruggia le 19 décembre, estimant que ce dernier restait du « refus » et du « mensonge ». « Il m’a semblé tout au long que M. Ruggia reconnaissait certains faits tout en niant sa responsabilité dans ces choses », souligne-t-il en introduction.
Après des débuts hésitants, sa voix et son histoire témoignent d’un sentiment d’urgence. Elle révèle l’impact de cette liaison sur sa vie, qu’elle dit « aimer minimiser » pour mieux se protéger.
« Cela me fait honte d’être inscrit jusqu’à présent. J’aurais aimé que cela n’existe pas. J’aime le minimiser, car pour moi, c’est une façon de réduire l’importance que cela a dans ma vie », dit-il.
« La honte doit changer de camp »
Devant le tribunal, Adèle Haenel s’est dite « bouleversée de voir que (la prévenue) se positionne en victime », faisant part de son dégoût face aux propos « consécutifs, sexuels, injurieux » de la jeune fille.
« C’est très difficile d’entendre des commentaires sur mon corps, sur ma sexualité, des commentaires sales sur l’enfant, des commentaires qui rendent encore l’enfant responsable aujourd’hui. L’enfant qui lui a sauté dessus, qui l’a séduit. N’est-ce pas honteux de dire ça, honnêtement ? La vérité est que la honte doit changer de camp », ne parvient pas à s’énerver en se levant.
Le résidu de cette douleur, encore vivace, est une déformation que chacun verra, comme un grattage compulsif de la tête. Un jour, pendant cette crise, il a répondu au Président qui l’interrogeait à ce sujet, il avait « du sang sur les doigts ». « Cet endroit sur ma tête que je gratte tout le temps est (lié à) M. Ruggia », dit-il.
Cinq ans de prison, dont deux avec sursis
Dans chaque confirmation, Adèle Haenel évoque en premier les demandes du procureur général lors du procès. Entendre la vérité sur ses allégations d’abus de la bouche d’un procureur, rapporte-t-elle aujourd’hui, l’a profondément marquée. « Cela m’a vraiment touché de réaliser la grande influence de ces manifestations sur ma vie (…).
Jouant sur le même tableau, son avocate Anouck Michelin demande au tribunal de rendre justice à Adèle Haenel, pour l' »adulte » qu’elle est aujourd’hui et l' »enfant » qu’elle a été. Sans le révéler, « vous êtes un meurtrier et vous le resterez », dit-il à l’accusé. « Vos explications ne mènent à rien, Monsieur Ruggia », déplore Me Yann Le Bras, qui représente également l’acteur, rappelant profondément que « l’homme ne peut pas être arrêté ».
Au terme de ses plaidoiries, l’avocat général a de son côté requis cinq ans de prison, dont deux avec sursis, peine plus lourde que celle initialement infligée au prévenu jugé « extrêmement romantique à tous égards avec un enfant de cet âge ».
La défense conteste l’enquête
Pour Christophe Ruggia, vendredi est un « jour du jugement », a déclaré son avocate, Me Fanny Colin : « Il y a d’un côté de la barre la puissante Adèle Haenel, et de l’autre Christophe Ruggia, qui n’est plus actif depuis le 3 novembre 2019 (jour où Adèle Haenel a dénoncé publiquement les violences dont il est victime, ce dont sa rédaction ne va pas se réjouir).
La défense critique l’enquête menée contre son client et le dossier sans aucune preuve permettant de l’inculper, appelant le tribunal à « se débarrasser de ce gâchis » et à « s’en tenir aux faits ».
S’il dit ne pas considérer Adèle Haenel comme une menteuse, Me Fanny Colin parle au nom de la « réhabilitation » de sa mémoire, après plusieurs années de peinture, ce qui peut expliquer, dit-il, pourquoi l’artiste n’a pas protesté contre les violences avant 2019.
De même, les derniers mots de son client seront, sans surprise, les mêmes que précédemment. Non, Christophe Ruggia confirme qu’il n’a jamais couché avec Adèle Haenel : « Si je l’avais fait, j’aurais accepté la vérité depuis longtemps. » Le cinéaste, qui comparait libre, verra son sort décidé vendredi 17 avril.
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