Israël/Palestine : le cycle de la violence doit cesser
Madame la Présidente,
Je remercie le Coordonnateur spécial et le Commissaire général adjoint de leurs exposés.
Je salue l’adoption de la déclaration présidentielle. Il était important que ce Conseil se prononce unanimement sur les récentes mesures unilatérales et réaffirme son attachement à la solution à deux États.
Madame la Présidente, j’ai trois messages aujourd’hui.
Premièrement, les récentes annonces israéliennes sont des étapes vers l’annexion de la zone C.
La France réitère sa ferme condamnation de la politique de colonisation. Cette politique nous éloigne de la perspective d’une solution à deux États. La France est très préoccupée par l’annonce de la construction de près de 10 000 logements dans les colonies, et par le processus de légalisation de 9 avant-postes, jusque-là jugés en violation de la loi israélienne.
Ces mesures unilatérales sont contraires au droit international, notamment à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, comme la résolution 2334. Nous nous y opposons fermement et appelons les autorités israéliennes à revenir sur leur décision. Leur mise en œuvre ferait courir le risque d’une annexion progressive de la zone C en Cisjordanie. La France ne reconnaîtra jamais l’annexion illégale de territoires.
Nous sommes également très préoccupés par la violence croissante perpétrée par les colons, que nous dénonçons, et qui vise à la fois les Palestiniens et la société civile israélienne. Les responsables doivent être tenus responsables de leurs actes. La France rappelle son attachement au respect du droit international humanitaire et à l’impératif de protection des civils dans les territoires occupés, qui relève de la responsabilité d’Israël.
Deuxièmement, face à une situation hautement incendiaire, notre Conseil doit tout mettre en œuvre pour éviter une escalade.
Comme l’a indiqué le Coordonnateur spécial, le début de cette année a été marqué par un niveau de violence très élevé dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est. Ce cycle de violence doit cesser.
Comme l’a dit le président Macron au Premier ministre israélien le 3 février, la France condamne fermement les attentats terroristes commis ces dernières semaines. Notre engagement indéfectible envers la sécurité d’Israël est bien connu. Les Israéliens, comme les Palestiniens, ont le droit de vivre en paix et en sécurité.
La France appelle les parties à s’abstenir de toute action qui pourrait être perçue comme une provocation dans le contexte actuel.
Madame la Présidente,
Ce cycle de violence s’explique avant tout par l’absence totale d’horizon politique. La France appelle donc tous les membres du Conseil, ainsi que les États de la région, à contribuer activement à la relance des efforts de paix, et elle se tient prête à y contribuer.
Troisièmement, la communauté internationale doit se mobiliser pour soutenir l’UNRWA.
La France soutient l’agence qui joue depuis 1949 un rôle crucial dans l’aide aux réfugiés palestiniens. Nous avons contribué 33,5 MEUR en 2022 et continuerons cette année.
La communauté internationale doit se mobiliser pour que l’UNRWA puisse poursuivre ses activités, dont dépend la vie de nombreux réfugiés palestiniens : la plupart d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté et font face à de nouveaux défis, dont le récent tremblement de terre en Syrie. Nous appelons donc tous les États membres à contribuer financièrement à ses activités en 2023, y compris les pays de la région.
Merci.