IRMCT :
Je remercie le Président Gatti Santana et le Procureur Brammertz pour leur rapport et leur présentation. Je voudrais féliciter la juge Santana pour sa nomination à la présidence du Mécanisme le 1er juillet.
Nous saluons la présence des représentants de la Serbie, du Rwanda, de la Croatie et de la Bosnie-Herzégovine.
Monsieur le Président,
La France réitère son plein soutien au Mécanisme et à son action dans la lutte contre l’impunité et la préservation de l’héritage des Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie et pour le Rwanda.
2022 est une année décisive pour le Mécanisme qui a pu, dans un contexte sanitaire plus favorable, poursuivre ses activités et réaliser des avancées concrètes, ce qui témoigne de sa pertinence et de son efficacité. Le Conseil de sécurité doit appuyer ses travaux.
Nous saisissons cette occasion pour remercier et féliciter le Gabon pour son excellent travail de coordination à la tête du groupe de travail informel dédié.
Nous saluons l’important travail judiciaire réalisé par le Mécanisme, notamment l’ouverture du procès dans l’affaire Kabuga, qui est un moment important pour les victimes et pour la réconciliation nationale au Rwanda, le prononcé de l’arrêt Fatuma et al. l’affaire Stanii et Simatovi.
Afin de mener à bien cette procédure et d’autres procédures en cours dans les meilleurs délais, le Mécanisme doit disposer de ressources financières adéquates et d’un personnel qualifié.
La France exhorte à nouveau tous les États à coopérer pleinement avec le Mécanisme, conformément à leurs obligations internationales, et à le soutenir dans la poursuite de ses activités. Nous regrettons que certains partenaires s’y refusent encore, malgré les nombreux appels des autorités du Mécanisme, relayés au sein de ce Conseil.
Il est essentiel que les derniers fugitifs inculpés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda soient traduits en justice. La mort des auteurs présumés des crimes les plus graves ne peut être considérée comme une justice pour les victimes.
Depuis la création du Mécanisme, Monsieur le Président, la France a apporté un soutien significatif dans plusieurs domaines :
Premièrement, la coopération judiciaire, avec notamment l’arrestation d’un des derniers fugitifs du Tribunal pénal international pour le Rwanda, Flicien Kabuga, en mai 2020 et son transfert au Mécanisme.
Deuxièmement, la mobilisation de la justice française, notamment dans l’affaire Laurent Bucyibaruta. Le mardi 12 juillet 2022, il a été condamné par la cour d’assises de Paris à 20 ans de prison pour complicité de génocide et crimes contre l’humanité.
Enfin, le soutien actif et permanent de la France aux deux tribunaux pénaux ad hoc s’est également manifesté par la conclusion d’accords sur l’exécution des peines.
En 2000, la France et l’ONU ont conclu un accord sur l’exécution des peines prononcées par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. A ce titre, trois personnes ont purgé leur peine en France entre 2004 et 2013 et une personne purge actuellement sa peine en France.
Ce soutien constant, qui s’inscrit dans l’engagement plus large de la France contre l’impunité, se poursuivra pour que justice soit rendue aux victimes.
Monsieur le Président,
En conclusion, nous voudrions souligner que le travail du Mécanisme ne se limite pas aux activités judiciaires.
Nous nous félicitons de l’annonce faite par le Président concernant le projet d’élaboration d’un plan d’achèvement du Mécanisme. Nous l’encourageons à poursuivre ses efforts et à travailler sur des options pour l’avenir de cette juridiction. En effet, après les affaires liées aux principaux crimes, le Mécanisme devra continuer à accomplir de lourdes tâches qui incluent le traitement d’autres questions judiciaires au fur et à mesure qu’elles se présentent, l’assistance aux juridictions nationales, la protection des victimes et des témoins, la gestion des archives et la surveillance de l’exécution des Phrases. Le travail de mémoire est également essentiel à la réconciliation.
Enfin, nous restons profondément préoccupés par la recrudescence et la multiplication des déclarations politiques et des actes de négation des crimes, ainsi que la glorification des génocidaires et criminels de guerre condamnés par les tribunaux pénaux internationaux à l’issue de procédures impartiales et indépendantes.
Merci.