Indices étudiés, pistes privilégiées… Où en est l’enquête une semaine après le cambriolage du Louvre ?

Une semaine après le braquage, l’émotion n’est pas retombée. Dimanche 19 octobre, quatre individus, aidé par un monte-chargea cassé une vitre de la galerie Apollon du musée du Louvre, au coeur de Paris et est reparti avec huit trésors nationauxjoyaux de la couronne de France. Montant estimé du butin : 88 millions d’euros. Et les auteurs sont toujours en fuite.

• « 150 échantillons de traces » d’ADN et de papilles enregistrés

Ces malfaiteurs sont en fuite depuis 9 h 38, dimanche 19 octobre. « Quatre personnes ont été identifiées comme présentes sur les lieux, mais il n’y a aucune certitude qu’il n’y ait que quatre malfaiteurs impliqués », a expliqué mardi soir le procureur à nos confrères de RTL.

Dans la précipitation – après avoir été mis en fuite par les agents du musée – ils ont laissé derrière eux plusieurs objets : un casque de scooter, un gilet jaune, une canette, un produit inflammable éparpillé sur le véhicule et la célèbre couronne d’Eugénie.

Retrouvés à proximité du camion nacelle, ces éléments ont été « immédiatement soumis à analyse », indique la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué publié le 20 octobre. « Une bouteille de liquide en partie déversée dans le camion nacelle est examinée », poursuit-elle.

Indices étudiés, pistes privilégiées… Où en est l’enquête une semaine après le cambriolage du Louvre ?

A l’heure actuelle, on ne connaît pas la teneur de ce liquide, qui est bien « un produit inflammable », a confirmé le parquet à BFMTV en milieu de semaine. La capsule est également exploitée via ses plaques d’immatriculation, tout comme les images de vidéosurveillance du musée et de la rue.

Jeudi, le procureur de Paris a signalé «150 échantillons de traces d’ADN et papilles constatées et en cours d’analyse. Et elle a réitéré sa volonté de faire appel au plus vite aux agresseurs pour retrouver les bijoux avant que leurs pierres ne soient finalement retirées et que les métaux ne fondent.»

« Plus le temps passe, plus il sera difficile de retrouver les bijoux, surtout intacts », souligne-t-elle ce dimanche dans le JDD.

• Plusieurs pistes étudiées

Le parquet de Paris assure « la plus grande mobilisation » des autorités. L’enquête, menée par la JIRS (juridiction interrégionale spécialisée) de Paris, spécialisée dans la criminalité organisée, a été ouverte pour « vol en bande organisée » (délit puni de 15 ans d’emprisonnement) et « association de malfaiteurs en vue de préparer un crime » (délit puni de 10 ans d’emprisonnement).

Deux services sont chargés de cette enquête : la BRB (Brigade de répression du banditisme, au sein de la préfecture de police de Paris) et l’OCBC (Office central de lutte contre le trafic des biens culturels). Dimanche soir, une soixantaine d’enquêteurs travaillaient sur cette affaire. Ils étaient une centaine mardi.

« Aucune piste n’est écartée, mais à ce stade, si tous les éléments relèvent du crime organisé, rien ne permet d’établir un parallèle avec les neuf dossiers d’ingérence (étrangère) déjà connus du parquet de Paris », souligne le parquet de Paris. Parmi les autres hypothèses retenues : un collectionneur comme mécène ou une « vente à la coupe » des bijoux prévue par les auteurs. « Il semble que ce soit du crime organisé », a estimé de son côté le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez dans La Tribune dimanche ce dimanche 26 octobre.

Comme l’expliquent plusieurs collègues, la piste de complicité interne au sein du musée est l’une des hypothèses sur lesquelles travaillent également les enquêteurs. Mais, selon nos informations, il n’existe pas – pour l’instant – d’éléments probants permettant d’orienter les enquêteurs sur cette voie, plus que sur toute autre. Tout montre que ce braquage a été minutieusement préparé, a expliqué mardi soir une source judiciaire à BFMTV.

• Le camion nacelle volé

Le camion nacelle utilisé pour ce cambriolage a été volé le 10 octobre dans le Val-d’Oise, sur la commune du Louvres (!), à une quarantaine de kilomètres de Paris. Selon nos informations, des malfaiteurs ont répondu à une annonce sur Le Bon Coin, qui proposait en location un camion nacelle servant au déménagement.

Le propriétaire du camion, également gérant d’une société de location de véhicules, s’est alors rendu sur place. C’est à ce moment-là que le camion a été volé, sans qu’aucune violence n’ait eu lieu. Le propriétaire du camion s’est rendu à la gendarmerie de Louvres pour porter plainte.

Suite à cette plainte, de premières actions d’enquête ont été menées par les gendarmes locaux, avant que la procédure ne soit reprise par la BRB dimanche. Les enquêteurs de la BRB qui ont depuis interrogé le propriétaire de ce véhicule.

• Le reste des bijoux transférés

Vendredi soir, on apprenait qu’une partie de la collection de joyaux non volés et parmi les plus précieux du Louvre était transféré le matin à la Banque de France, sous forte escorte policière, selon une source proche de l’enquête à BFMTV, confirmant une information de RTL.

La décision a été prise de protéger cette collection sous haute sécurité, sans savoir quand elle pourra à nouveau être exposée au musée. Les détails précis et le nombre de bijoux transférés ne sont pas immédiatement connus.

Article original publié sur BFMTV.com

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