Incompréhensible : des scientifiques français dénoncent une réduction de 900 millions dans la recherche
Les scientifiques français ont vivement critiqué les coupes dans les budgets de la recherche et de l’enseignement supérieur cette année, qui ont été confirmées par le gouvernement la semaine dernière.
Ces réductions ne sont qu’une partie d’une réduction de 10 milliards (10,9 milliards de dollars) des dépenses publiques globales, annoncée par le ministre de l’Economie et des Finances Bruno Le Maire le 18 février. Cette décision fait suite à la réduction par le gouvernement de ses prévisions de croissance du produit intérieur brut (PIB) pour cette année, de 1,4 % à 1 %. Un décret promulguant les réductions a été publié en France Journal officiel et signé par le Premier ministre Gabriel Attal le 22 février.
Dans le cadre d’une réduction de 904 millions du budget de la recherche et de l’enseignement supérieur, les dotations des agences nationales de recherche, comme le CNRS, l’Inserm, l’Inria et l’INRAE, qui financent la recherche fondamentale, seront réduites d’environ 383 millions.

Le bouleversement massif du système scientifique français est le plus important depuis des décennies
Les dépenses de recherche révisées représentent une réduction d’environ 5 % par rapport au budget de l’État prévu pour cette année et montrent que le gouvernement n’honore pas son plan de recherche pour 2021 à 2030, déclare Patrick Lemaire, embryologiste à l’Université de Montpellier, en France. En raison des salaires et autres frais généraux fixes, cela signifie que les agences disposeront de 25 % de liquidités en moins pour couvrir leurs frais de recherche.
C’est incompréhensible et inacceptable, déclare Boris Gralak, secrétaire général du syndicat national de la recherche, l’Union nationale de la recherche scientifique. Lorsque le président Emmanuel Macron a annoncé une refonte de l’organisation de la recherche française en décembre, il a souligné l’importance de la science et la nécessité de rattraper les autres pays en termes de dépenses de recherche. Ces réductions sont une contradiction totale et signifient que la France est encore plus loin d’atteindre son objectif de porter les dépenses publiques de recherche à 1% du PIB contre moins de 0,75%, dit Gralak.
On ne sait pas encore exactement comment les coupes seront réparties entre les organismes de recherche, explique Bernard Meunier, chimiste et ancien président de l’Académie française des sciences. Il ajoute qu’il appartient au ministère de la Recherche de décider de la manière de répartir les fonds de manière équitable. Le financement doit préserver les laboratoires d’excellence dans tous les domaines, et non les pénaliser, ajoute-t-il.
Un responsable du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a déclaré Nature que son budget pour l’année représente encore une augmentation par rapport à 2023, et que de manière générale, les moyens de fonctionnement de tous les établissements (sous sa responsabilité) restent intacts. Les salaires des agences de recherche et les ressources des laboratoires seront préservés, et les réductions affecteront principalement les réserves de précaution, l’achat d’équipements de recherche et la rénovation des locaux, ont-ils indiqué.