Images de BFMTV. « Atteinte à la dignité humaine » : les avocats souhaitent que le Conseil d’Etat agisse après qu’Arno Klarsfeld a appelé à une « rafle massive » des étrangers

Un groupe d’avocats souhaite une action forte de la part du Conseil d’Etat après l’appel de son conseiller, Arno Klarsfeld, à « une grande tournée » de touristes en France, selon nos informations. L’ancien avocat, devenu conseiller au Conseil d’Etat, « est un soutien public, car c’est une responsabilité morale », argumente dans une lettre demandée par BFMTV, adressée au vice-président du plus haut tribunal, Didier-Roland Tabuteau.

Cependant, Klarsfeld a déclaré que « cela viole la loi », affirme-t-il. « C’est difficile de se débarrasser de tous les gens qui sont incompatibles avec l’OQTF (…) Si on veut se débarrasser de l’OQTF, il faut préparer, comme le fait Trump, avec l’ICE (police de l’immigration, ndlr), de grandes descentes un peu partout », a déclaré dimanche le fils des chasseurs de nazis Beate et Serge Klarsfeld, sur CNews.

La punition est déjà ouverte

Selon ces avocats, sous le Troisième Reich, ceux qui étaient classés comme « asocials », c’est-à-dire « prostituées, ivrognes, saisonniers » faisaient « l’objet de rafles depuis septembre 1933 en vue d’être incarcérés dans des camps de concentration », où ils étaient identifiés comme des « triangles noirs », « ce que M. Klarsfeld ne connaît pas ».

« L’utilisation de la catégorie ‘asocial’ puis l’ajout de cette catégorie aux étrangers est une démarche étrange de la part d’un responsable gouvernemental », poursuit-il.

À leurs yeux, qualifier « d’attaque » signifie « attaquer la dignité humaine ». « Le conseiller de l’Etat ne peut donner, sans violer toutes ses lois, pendant le temps qu’il regarde la télévision, se plaindre comme (bien) », affirment ces dix avocats, pris par MM. Lucy Dillenschneider et Jérôme Giusti, qui se présentent comme un groupe de protection juridique.

Le Conseil d’Etat a déjà ouvert mardi 27 janvier une procédure disciplinaire à l’encontre de son conseiller Arno Klarsfeld après avoir tenu un commentaire sur CNews, révèle une source judiciaire à BFMTV, confirmant plus toi Figaro. Ils s’exposent à des mesures disciplinaires allant de la réprimande au licenciement.

Sanctions déjà prises par le passé

Mais les avocats veulent que la Haute Cour fasse quelque chose : accorder, à travers Le Conseil d’éthique, « un avis clair et transparent sur le respect des principes éthiques et le respect des règles qui doivent être respectées par les médias et leurs (leurs) agents ».

Car certains juges qui sont sous l’autorité du Conseil de gouvernement ont exprimé leur accord par le passé. Il se souvient que le Collège de déontologie, en 2019, avait rendu une décision concernant le président du tribunal, Philippe Sauvannet : alors qu’il travaillait à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), il avait publié ce message sur Twitter (devenu X) : « Je m’occupe de l’OQTF et avec moi, elle enlève la fissa ».

Le groupe demande à la Cour suprême d’établir la doctrine des positions prises en concertation avec toutes les autorités publiques, pour respecter le devoir de neutralité. « Surtout ceux qui doivent juger des droits des étrangers », souligne Me Jérôme Giusti, lié à BFMTV.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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