« Il se retient pour toujours » : le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko déteste le « silence » d’Emmanuel Macron sur les violences contre les maires et le racisme.
Le nouveau maire de Saint-Denis prend la parole. Après avoir signé un article dans le journal Le monde et onze maires d’autres pays pour dénoncer les discriminations qui ont eu lieu avant, pendant et après la campagne municipale, Bally Bagayoko va organiser un « rassemblement massif de citoyens » contre le racisme devant la mairie de Saint-Denis à partir de 14h.
Depuis son élection, le nouveau député rebelle fait l’objet de haine sur les réseaux sociaux. Interrogé sur France Info samedi matin, il a critiqué le « silence » du gouvernement, notamment d’Emmanuel Macron.
« Il est toujours le Président de la République, il a une grande responsabilité. Ses paroles ont du pouvoir », a déclaré l’élu au micro de nos amis.
« Il se retient à tout moment »
En Conseil des ministres, selon les informations du Figaro, le président de la République a insisté sur le fait que « la République est chez elle partout et les lois doivent être appliquées partout » après le harcèlement de nombreux maires sortants. Mais pour l’heure, le président de la République ne s’est pas prononcé publiquement sur les violences qui pourraient être commises par les élus.
« J’espérais seulement qu’il complèterait ses propos en ayant à la fois des mots, mais surtout des mots d’encouragement pour ceux qui sont victimes de pratiques racistes et de ces propos. Ce sont des maires, mais aussi tous les citoyens », a insisté Bally Bagayoko auprès de France Info.
« Il ne le fait pas, même maintenant… C’est regrettable. En faisant cela, il se met en retrait de causes importantes. Son silence prouve qu’il ne mène pas ce combat », a ajouté l’élu LFI.
Le candidat se dit attristé par l’absence d’Aurore Bergé au meeting
Au cœur de la haine dont il fait l’objet, l’homme de 52 ans a dénoncé la déformation de ses propos dans la presse et « créer la polémique ». Dans une tribune publiée dans Le Monde, il déplore que ses mots « ville des rois morts et des vivants » aient été remplacés par « ville des noirs ».
Sur la chaîne de CNews – qui « conteste que des allégations de racisme aient été formulées » – des liens ont été établis entre Bally Bagayoko et « une famille de grands singes », ainsi que l’idéologie des « hommes dominants ». L’enquête est ouverte.
De nombreux hommes politiques de gauche, notamment les dirigeants français Jean-Luc Mélenchon, Mathilde Panot et Sophia Chikirou, participeront ce samedi à des meetings anti-apartheid aux côtés d’organisations et d’associations. Bally Bagayoko a toutefois regretté l’absence de la ministre chargée de la Lutte contre le racisme, Aurore Bergé.
« Il m’a appelé plusieurs fois et je voulais le remercier. Sa place était près de chez nous. S’il y a un ministre qui devrait être là, alors il l’est », a-t-il déclaré.