Frances Macron fait face à des accusations de transphobie après avoir critiqué le manifeste de la coalition de gauche
Le président français Emmanuel Macron a été accusé mercredi de transphobie après avoir critiqué le programme des élections anticipées d’une nouvelle coalition de gauche, en particulier une proposition autorisant les citoyens à changer de sexe à la mairie.
Publié le:
2 minutes
L’émergence du Nouveau Front populaire, qui regroupe des partis de gauche allant des socialistes aux communistes, est une évolution malvenue pour Macron depuis qu’il a convoqué des élections anticipées en réponse à la défaite de son parti face à l’extrême droite dans les sondages européens.
Son alliance au pouvoir ne devrait, selon les sondages, arriver qu’en troisième position aux élections législatives du 30 juin, suivies d’un second tour le 7 juillet, derrière le RN et la nouvelle alliance de gauche.
Mais Macron a déclaré mardi, lors d’une visite dans l’ouest de la France, qu’il « avait confiance dans les Français ».
« Ils voient bien ce qui leur est proposé. Le RN et ses alliés proposent des choses qui peuvent faire des heureux mais au final on parle de 100 milliards (d’euros) par an. »
« Et de l’autre côté, avec l’extrême gauche c’est quatre fois pire il n’y a plus de laïcité, ils vont revenir sur la loi sur l’immigration et il y a des choses complètement grotesques comme changer de sexe à la mairie », a-t-il ajouté.
Le programme de la coalition de gauche comprend une proposition permettant le changement d’état civil dans une mairie. Le député LFI, Andy Kerbrat, a déclaré cette semaine au magazine gay Tetu qu’il serait possible de changer de sexe en déposant une demande à la mairie.
Les remarques de Macron ont semblé susciter l’inquiétude même dans les rangs de son propre parti au pouvoir, la Renaissance.
« Pour les personnes trans, pour les personnes LGBT, pour tout le monde… il faut rejeter toute stigmatisation dans le discours politique et faire progresser les droits », a écrit sur X le député Renaissance Clément Beaune, ouvertement gay.
Pour les personnes #transpour les personnes #LGBTpour toutes et tous nous devons rejeter toute stigmatisation dans le discours politique et faire avancer les droits.
– Clément Beaune (@CBeaune) 18 juin 2024
« Emmanuel Macron utilise la transphobie pour s’en prendre aux programmes de ses opposants politiques », a déclaré Julia Torlet de l’ONG SOS Homophobie.
« La stratégie est claire : utiliser les minorités dans la course au pouvoir », a-t-elle ajouté.
En savoir plusDouze jours pour convaincre : quelle issue pour la campagne électorale anticipée en France ?
« Nous avons Néron »
Ses commentaires ont également déclenché une contre-attaque immédiate de la part des opposants de gauche.
« Nous attendions Jupiter mais nous avons eu Néron », a lancé le chef du Parti socialiste Olivier Faure.
Macron, avant de devenir chef de l’Etat en 2017, avait déclaré que la France avait besoin d’une présidence « jupitérienne », en référence au roi des dieux romain. Néron était l’un des empereurs romains les plus connus pour son règne tyrannique.
« Comment est-il possible que cet homme qui a été élu et réélu pour affronter l’extrême droite répète en réalité le discours de l’extrême droite ? » Faure a déclaré à RTL.
Le chef du Parti communiste, Fabien Roussel, a déclaré à Franceinfo que ces commentaires étaient le signe que Macron « perdait son sang-froid ».
« Je ressens un peu de fébrilité », a-t-il déclaré.
Ces commentaires marquent une rare intervention de Macron dans la campagne menée pour l’alliance centriste au pouvoir par le Premier ministre Gabriel Attal, 35 ans, avec de multiples voix au sein de Renaissance encourageant le président à faire profil bas.
(AFP)
