Exportations d’armes : on regrette la tentative d’instrumentalisation par la Russie
Monsieur le Président,
Je remercie la Haute Représentante Nakamitsu pour son exposé.
La menace de la propagation incontrôlée et de la déviation des armes classiques est un sujet grave qui mérite un examen sérieux.
Nous regrettons donc la tentative d’instrumentalisation à laquelle nous assistons aujourd’hui. Il est étonnant de voir la Russie s’inquiéter des conséquences d’une guerre d’agression qu’elle a elle-même déclenchée et dont elle porte la seule responsabilité.
Rappelons les faits. Si l’Ukraine a besoin d’armes aujourd’hui, c’est parce que la Russie a déclenché cette guerre. Car la Russie a massé des milliers de tonnes de matériel militaire à sa frontière avec l’Ukraine, avant de l’envahir.
C’est la Russie qui viole les résolutions de ce Conseil pour reconstituer ses stocks de munitions qui s’amenuisent, car depuis des mois, elle bombarde sans relâche les populations civiles et les infrastructures, en violation du droit international humanitaire, et a finalement épuisé ses stocks. Il est bien documenté que la Russie utilise des drones de combat fournis par l’Iran et qu’elle achète des missiles et des munitions à la Corée du Nord.
Certaines de ces livraisons d’armes profitent directement au groupe Wagner. Les exactions massives et systématiques de ce groupe sont bien documentées. Les autorités russes reconnaissent désormais ouvertement le rôle joué par ce groupe en Ukraine, après avoir longtemps nié son existence.
Monsieur le Président,
La France et l’Union européenne continueront d’apporter à l’Ukraine tout le soutien nécessaire, aussi longtemps que nécessaire. Ce soutien, qu’il soit bilatéral ou via l’Union européenne, vise exclusivement à permettre à l’Ukraine d’exercer son droit à l’autodéfense et de préserver sa souveraineté, son intégrité territoriale et son indépendance. Ce sont tous des principes inscrits dans le droit international et la Charte des Nations Unies.
Notre objectif est clair : nous voulons qu’une paix durable soit rétablie. La seule façon d’y parvenir est de vaincre l’agression russe.
Monsieur le Président,
La France souligne qu’il est cynique pour la Russie de se référer à des instruments auxquels elle n’a pas adhéré. Et la Russie nous accuse, sans aucun fondement, de ne pas les respecter. Contrairement à la Russie, la France respecte ses obligations. La France s’est engagée à promouvoir et à universaliser le traité sur le commerce des armes. La France promeut également le Programme d’action des Nations unies pour prévenir, combattre et éradiquer le commerce illicite des armes légères et de petit calibre. Nous encourageons tous les pays à adopter des contrôles sur le destinataire, l’utilisation finale et la non-réexportation.
La meilleure méthode pour prévenir la traite est d’arrêter les conflits qui l’alimentent. C’est ce que la Russie doit faire immédiatement, en mettant fin à son agression, en retirant toutes ses troupes du territoire de l’Ukraine et en respectant la souveraineté de ce pays, comme la Cour internationale de Justice lui a ordonné de le faire il y a plus d’un an.
Merci.