Emmanuel Macron en Asie : un front commun Paris-Tokyo face aux crises mondiales

Accueilli avec les honneurs ce mercredi 1er avril par le Premier ministre japonais, Sanae Takaichi, Emmanuel Macron cherche à consolider l’axe Paris-Tokyo dans un contexte mondial déstabilisé.

Entre tensions au Moyen-Orient et volonté d’afficher un « troisième voie » Face au duel sino-américain, l’enjeu est autant politique qu’économique pour la France.

Lors de son discours, le président français a salué « Prévisibilité de l’Europe » face à l’imprévisibilité des États-Unis, dans une allusion évidente à Donald Trump, qu’il s’est abstenu de nommer.

« Je suis bien conscient que l’Europe peut parfois être perçue comme un continent plus lent que d’autres. Mais la prévisibilité a de la valeur, et nous l’avons démontré au cours de toutes ces années et, oserais-je dire, même ces dernières semaines : nous sommes là où vous savez que nous irons. Ce n’est pas mal, dans des moments comme ceux-ci, croyez-moi. »il a ajouté.

Emmanuel Macron a critiqué les pays qui disent qu’ils le feront « beaucoup plus vite » que leurs alliés, mais « vous ne savez pas si après-demain ils seront encore dans cette position, et si, demain, ils ne prendront pas une décision qui pourrait vous nuire sans même vous en informer »dit-il, en référence à la guerre entre les États-Unis et Israël contre l’Iran.

Valeurs communes

Le Président de la République a également profité de cette occasion pour rappeler les valeurs communes qui lient la France et le Japon.

« Nous croyons ensemble au droit international, à l’ordre international qui repose sur la charte des Nations Unies. Nous croyons aussi aux valeurs démocratiques que nous défendons. C’est ce qui, vous venez de nous le rappeler, est ce qui nous fait défendre tous les deux le retour à la paix, au cessez-le-feu, au calme, à la libre circulation à travers le détroit d’Ormuz« , a-t-il déclaré.

En rapport

Le très conservateur Sanae Takaichi a alors fait écho à ses propos, indiquant que les deux dirigeants étaient d’accord « sur l’importance d’assurer la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz, de maintenir un approvisionnement stable en matériaux essentiels et d’apaiser la situation dans les plus brefs délais ».

Dans un tweet, Emmanuel Macron a écrit ce mercredi le mot « Fusion », en japonais, pour souligner le renforcement des relations entre les deux pays.

De leur côté, Catherine Vautrin, ministre des Armées, et Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, ont rencontré leurs homologues respectifs, Shinjiro Koizumi et Toshimitsu Motegi.

« Les quatre ministres ont salué l’excellente dynamique du partenariat franco-japonais exceptionnel, qui repose sur des valeurs communes et des intérêts partagés »a indiqué le Quai d’Orsay. « Ils ont souligné la densité de notre coopération, illustrée par de nombreuses interactions entre nos forces dans tous les domaines »c’est précisé dans le communiqué.

ETéconomie, souveraineté, partenariats forts

Ces accords signés visent à construire des chaînes de valeur résilientes, indépendantes des grands centres de tensions.

Premier pilier : l’indépendance industrielle. L’accord sur les métaux critiques et les terres rares est majeur, car il permet à Paris et Tokyo de sécuriser les composants essentiels à la transition énergétique et aux industries de pointe, tout en réduisant drastiquement leur dépendance aux exportations chinoises.

La deuxième partie concerne la sécurité énergétique. En signant une feuille de route commune sur le nucléaire civil, les deux pays s’engagent sur le long terme. Cette coopération concerne non seulement les réacteurs de nouvelle génération (SMR), plus flexibles, mais aussi le cycle du combustible, enjeu clé pour l’autonomie stratégique de l’Europe et de l’archipel japonais.

Emmanuel Macron en Asie : un front commun Paris-Tokyo face aux crises mondiales
Le Premier ministre japonais Sanae Takaichi, à droite, signe un document -Photo AP

« Dans le domaine de la sécurité économique, nous avons exprimé de sérieuses inquiétudes concernant les restrictions à l’exportation, notamment celles affectant les minéraux essentiels. À l’avenir, le Japon et la France renforceront leur coopération stratégique pour consolider la résilience des chaînes d’approvisionnement ».a déclaré le chef du gouvernement japonais.

Enfin, l’innovation de rupture a été mise en avant avec une première mondiale dans le domaine de la cryptographie ADN. Ce projet, alliant biotechnologie et cybersécurité, illustre la volonté de créer un « troisième voie » Technologie franco-japonaise. Entre IA et espace, ce sommet transforme une amitié historique en un véritable bouclier économique mutuel.

Direction la Corée du Sud

Après cette visite de l’archipel japonais et un déjeuner officiel avec l’empereur Naruhito et son épouse, Emmanuel Macron s’envolera ce jeudi après-midi pour Séoul.

Cette deuxième escale en Corée du Sud marquera la première visite d’un président français dans le pays depuis onze ans, avec à l’ordre du jour des discussions sur la sécurité régionale et une rencontre très attendue avec des personnalités de la K-pop.

Ces voyages au Japon et en Corée du Sud « font également partie de la préparation du sommet du G7 à Evian »qui se déroulera du 15 au 17 juin_, « avec des discussions qui porteront sur les priorités françaises »_, a indiqué l’Élysée.

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