Emmanuel Macron arrive en Nouvelle-Calédonie après des émeutes meurtrières
Le président Emmanuel Macron est arrivé en Nouvelle-Calédonie, frappée par les émeutes, après avoir traversé le monde en avion dans le cadre d’une manifestation très médiatisée de soutien à l’archipel français du Pacifique ravagé par des troubles meurtriers et où les peuples autochtones cherchent depuis longtemps l’indépendance de la France.
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Macron, qui s’est brièvement entretenu avec les journalistes après son arrivée à l’aéroport international de La Tontouta, à environ 50 kilomètres (31 miles) de la capitale néo-calédonienne de Nouméa, a déclaré qu’il considérait le retour au calme comme la priorité absolue.
Mon souhait, ainsi que celui de mes ministres et du gouvernement, est d’être aux côtés du peuple et de voir le retour à la paix, au calme et à la sécurité dans les plus brefs délais, a-t-il déclaré.
Le président a renoncé à son programme annoncé précédemment pour effectuer lui-même un voyage de quelque 16 000 kilomètres (10 000 miles), stimulé par les violences les plus graves ayant frappé la Nouvelle-Calédonie depuis les années 1980. Cette visite éclair, qui ne devrait durer qu’une journée, lui permettra de constater par lui-même certaines des cicatrices laissées par les fusillades, les incendies criminels, les pillages et autres violences qui ont fait au moins six morts et de nombreuses destructions.
Il devrait faire pression pour que les dirigeants locaux profondément divisés sur la question de l’indépendance reprennent les pourparlers et remercier les forces de sécurité françaises qui cherchent à rétablir l’ordre. Plus de 1 000 renforts ont été dépêchés et l’état d’urgence a été déclaré la semaine dernière depuis Paris pour renforcer leurs pouvoirs.
Il était tard mardi à Paris lorsqu’il est monté à bord de son avion présidentiel mais, en raison de la distance et du décalage horaire, c’était déjà jeudi matin en Nouvelle-Calédonie lorsqu’il est arrivé, avec des troubles toujours couvants et ses ministres de l’Intérieur et de la Défense à ses côtés.
Les violences ont éclaté le 13 mai alors que le Parlement français débattait à Paris d’un amendement à la Constitution française pour apporter des modifications aux listes électorales de Nouvelle-Calédonie. Les opposants craignent que cette mesure profite aux politiciens pro-français de Nouvelle-Calédonie et marginalise davantage les Kanaks, qui souffraient autrefois de politiques de ségrégation strictes et d’une discrimination généralisée.
Il y a eu des décennies de tensions entre les Kanaks et les descendants de colons et autres qui se sont installés sur le territoire de 270 000 personnes et veulent rester partie de la France.
Le palais présidentiel de l’Elysée a déclaré que Macron se concentrerait sur la facilitation du dialogue entre les dirigeants locaux. Il devait également discuter de l’importante reconstruction nécessaire. Les violences ont causé des dégâts estimés à plusieurs centaines de millions d’euros (dollars).
Macron, dans le passé, a facilité le dialogue en Nouvelle-Calédonie entre les factions indépendantistes et pro-France. Ces efforts ont abouti à un référendum en 2018, le premier d’une série de trois, au cours duquel les Néo-Calédoniens ont voté à une faible majorité en faveur de leur maintien dans la France.
Au moins six personnes sont mortes dans ces violences, dont quatre civils et deux gendarmes. Le Haut-commissariat de Nouvelle-Calédonie a indiqué que plus de 280 personnes ont été arrêtées et 84 policiers et gendarmes ont été blessés. On ne sait pas exactement combien de civils ont été blessés.
(PA)