Des cochons appelés pour nettoyer en profondeur les vignes champenoises

Des cochons originaires de Nouvelle-Zélande, appelés kunekune (rond et gras en langue maorie), mangent des racines et des mauvaises herbes poussant parmi les vignes dans un vignoble du village de Cramant, en Champagne, dans le nord-est de la France, le 21 février 2022. PHOTO AFP

Des porcs originaires de Nouvelle-Zélande, appelés « kunekune » (« ronds et gras » en langue maorie), mangent des racines et des mauvaises herbes poussant parmi les vignes dans un vignoble du village de Cramant, en Champagne, dans le nord-est de la France, le 21 février. 2022. PHOTO AFP

CRAMANT, France : Les villageois de Cramant, dans le nord-est de la Champagne, ont droit à un spectacle rare : des petits cochons fouillant autour des vignes qui produisent le célèbre mousseux de la région, une alternative aux moyens chimiques ou mécaniques de lutte contre les mauvaises herbes et les ravageurs.

Originaires de Nouvelle-Zélande, les porcs « kunekune », un mot maori signifiant « rond et gras », reniflent à travers la terre en soutenant des rangées de vignes soigneusement plantées.

Leur travail « approfondi » et « précis » permet de lutter contre les mauvaises herbes, ainsi que le mildiou et autres champignons, et d’aérer le sol, explique Olivier Zebic, consultant en viticulture.

Testés pour la première fois l’an dernier dans la région viticole bordelaise, les porcs pourraient être un meilleur choix que l’autre solution écologique, les moutons, qui « ne font que tailler » les plantes indésirables, ajoute Zebic.

En revanche, les kunekune retournent « chaque motte d’herbe et mangent même les racines… arrêtant toute nouvelle croissance », dit-il.

Pesant environ 40 kilos (88 livres) chacun, les cochons évitent de manger des vers de terre précieux et ne peuvent pas lever la tête assez haut pour attaquer les feuilles et les branches des vignes.

De plus, « ils engloutissent les feuilles vivantes qui tombent aussitôt au sol », empêchant les champignons de s’installer.



Les porcs permettent une réduction « très significative » de l’utilisation des traitements chimiques, précise Zebic.

Jean-Etienne Bonnaire, un vigneron de champagne qui accueille l’expérience sur sa propriété de 22 hectares, dit qu’on « ne peut pas tout révolutionner avec des porcs », mais ils « complètent » la transition de son vignoble vers des méthodes biologiques.

Sa parcelle sans herbicide avait auparavant été désherbée avec des machines alimentées au diesel qui bourraient la terre et risquaient d’endommager les plantes.

Les kunekune sont « un outil supplémentaire pour les parcelles difficiles », dit Bonnaire, comme « sur les pentes où nous perdons 4 ou 5 centimètres (2 pouces) de sol par an avec les tempêtes ».

Enfermés dans une clôture électrique et surveillés par des caméras de surveillance, les cochons sont un spectacle « plutôt étonnant » sur une parcelle de Chardonnay, explique Maxime Toubart, président de l’Union des Vignerons de Champagne.

« C’est toujours intéressant d’expérimenter », ajoute-t-il, tout en se demandant « si cela peut être reproduit à grande échelle ».

Zebic suggère que les porcs pourraient, à l’avenir, être parqués d’un vignoble à l’autre pour faire leur travail vital.

Le kunekune pourrait encore constituer un élément essentiel de l’objectif de l’organisme régional de l’industrie du champagne de certifier 100 % des producteurs comme respectueux de l’environnement d’ici 2030.

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