Conférence sur le nucléaire de Paris : 27 pays réclament davantage de financements publics et privés
Une trentaine de pays réunis mardi 10 mars lors de la conférence sur le nucléaire à Paris ont appelé à « encourager » les fonds publics et privés à utiliser cette technologie qui fait face à un nouveau regain d’intérêt.
Parmi les 27 pays, la France, aux côtés de la Belgique, du Japon, de l’Italie et de la Turquie, a souligné « la nécessité de promouvoir des financements adéquats, transparents et diversifiés (…), y compris à travers le financement social », ainsi que les banques multilatérales et les « investisseurs privés », qui ont longtemps considéré avec méfiance les projets nucléaires.
Jusqu’à présent, ces investissements périlleux et périlleux ont déjà été réalisés par les Etats et leurs experts énergétiques, ce qui confirme, selon l’Élysée, le niveau « sans précédent » de l’information.
Le nouvel intérêt pour cette grande énergie nécessite plus d’argent pour pouvoir tripler la puissance nucléaire installée dans le monde d’ici 2050, objectif fixé dans la déclaration. COP28 à Dubaï, où près d’une trentaine de pays se sont inscrits depuis 2023. La liste comprend désormais cinq nouveaux : le Brésil, la Chine, l’Afrique du Sud, la Belgique et l’Italie.
Le nucléaire civil, une affaire de « liberté »
Président Emmanuel Macron il a ouvert la réunion en défendant le nucléaire dans le cadre de « l’indépendance politique » alors que les hydrocarbures pourraient être une arme « perturbatrice ».
« L’énergie nucléaire est très importante pour concilier indépendance et autonomie gouvernementale, émissions et neutralité d’ici 2050, et compétitivité afin que nous puissions trouver des emplois dans nos gouvernements », a déclaré le responsable français. Emmanuel Macron a demandé à « chaque acteur public et économique de faire sa part pour continuer à récolter des fonds » en faveur de cette énergie, « une véritable part d’avenir ». Les banques et les fonds d’investissement devraient « travailler dur (…) sur les choses les plus dangereuses », a-t-il ajouté.
Organisée par la France, l’une des puissances nucléaires (57 réacteurs), cette deuxième rencontre visant à faire revivre l’atome civil a réuni des représentants d’une quarantaine de pays, dont les États-Unis et la Chine – autres acteurs historiques -, des États européens et des membres du G7 ainsi que des organisations internationales et des représentants du secteur, contre la guerre au Moyen-Orient due à l’augmentation du prix du pétrole et du gaz.
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Deux militants de Paix verte a tenté de le distraire en déployant une pancarte disant « le nucléaire déclenche une guerre en Russie » alors que le président français recevait des invités.
Réduire la part du nucléaire en Europe, « une erreur stratégique »
Comme en 2022, après l’attaque majeure de la Russie contre l’Ukraine, la guerre au Moyen-Orient est devenue un rappel de l’insécurité des pays qui dépendent du pétrole importé, dans un contexte de menaces de disponibilité et d’instabilité du marché, qui s’intéressent aux sources d’énergie à faible consommation – renouvelables et nucléaires.
Président de la Commission européenne, Ursula von der Leyenil a estimé que la réduction de la part de l’énergie nucléaire en Europe était une « grosse erreur » qui a eu pour effet de « se détourner » d’une « source fiable et bon marché d’énergie faible », a-t-il dit, alors que le sujet est encore divisé entre les 27.
« Il est dans l’intérêt des pays européens, pour leur sécurité et leur souveraineté énergétiques, d’améliorer leurs énergies renouvelables » et « d’un retour en force à l’énergie nucléaire », a déclaré la semaine dernière Fatih Birol, directeur de l’Agence internationale de l’énergie.
Après la première publication à Bruxelles en 2024, cette conférence en collaboration avec unAgence internationale de l’énergie atomique (AIEA) son objectif est d' »identifier les étapes nécessaires » pour parvenir au rétablissement d’une énergie nucléaire « sûre et accessible à tous », notamment en cette année 2026 marquée par 40.e un rappel du désastre Tchernobyl (Ukraine) et 15e un rappel de l’accident Fukushima.
Tombé en disgrâce après la crise électrique japonaise de 2011, ce secteur connaît une nouvelle croissance en raison du régime énergétique, de la nécessité de décarboner l’énergie et de la montée en puissance de l’intelligence artificielle, très difficile à réaliser dans l’électricité.
Aujourd’hui, l’énergie nucléaire représente 10 % de l’électricité mondiale, avec 450 réacteurs installés dans une trentaine de pays. Mais « une quarantaine (quelques) pays ont manifesté un réel intérêt » ces dernières années pour relancer l’atome ou construire leurs propres centrales nucléaires, a déclaré lundi Rafael Grossi, chef de l’AIEA.
C’est l’AFP