Âge, nouveau montant minimum : qu’implique la réforme des retraites en France ?
La Première ministre française Lisabeth Borne a présenté le projet de loi controversé sur la réforme des retraites du gouvernement, affirmant qu’il contribuera à garantir l’avenir de notre retraite [system].
EN DIRECT I Pour nos retraites : un projet de justice, d’équilibre et de progrs.
Présentation par le premier ministre @Elisabeth_Borne et les ministres @BrunoLeMaire, @olivierdussopt et @StanGuerini. https://t.co/Wzk6EIYZ2oGouvernement (@gouvernementFR) 10 janvier 2023
Nous examinons le contenu du projet de loi.
Repousser l’âge de la retraite à 64 ans
Le projet est de repousser progressivement l’âge de la retraite en France de 62 à 64 ans.
Cela signifierait que les personnes nées après le 1er septembre 1961 pourront prendre leur retraite à partir de 62 ans et trois mois et la date serait repoussée pour les groupes plus jeunes.
En 2030, l’âge de la retraite atteindrait 64 ans pour les personnes nées en 1968. Cela marque un passage à la retraite de 65 ans en 2031, comme l’avait initialement envisagé le président Emmanuel Macron.
compter du 1er septembre, l’ge lgal de départ la retraite sera relevé progressivement de 3 mois par anne de naissance pour atteindre 64 ans en 2030. pic.twitter.com/YCUr9atmlJ
lisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) 10 janvier 2023
Pension mensuelle minimale portée à 1 200
Comme promis par le président Macron, le gouvernement envisage d’augmenter le paiement de la pension minimale de 100 par mois à 1 200 (brut) pour les personnes prenant leur retraite après le 1er septembre 2023.
Ainsi, une personne qui a touché le SMIC pendant toute sa carrière gagnera 85 % de son salaire d’origine.
À l’avenir, le versement de la pension minimale sera indexé sur le Smic plutôt que sur l’inflation afin que la proportion de 85 % continue d’être appliquée.
Aurore Berg, du groupe parlementaire au pouvoir Renaissance, a demandé que cette augmentation de paiement s’applique également aux retraités existants, et le gouvernement a déclaré qu’il travaillerait à la révision du montant que les gens reçoivent actuellement.
Près de deux millions de petites pensions seront augmentées, a déclaré Mme Borne.
Une vie de travail doit garantir une retraite digne.
Les salariés, artisans et commerçants qui ont cotis toute leur vie avec des revenus au niveau du SMIC partiront désormais avec une pension revalorisée à 85% du SMIC net.C’est près de 1200 par mois ds cette anne. pic.twitter.com/Bi18Q9bepA
lisabeth BORNE (@Elisabeth_Borne) 10 janvier 2023
Cotisations de retraite à payer sur 43 ans
Les gens seraient également progressivement tenus de payer des cotisations de retraite sur 43 ans (172 trimestres) d’ici 2027.
Cette évolution était auparavant prévue pour s’achever en 2035, ce changement la ferait donc avancer de huit ans.
Ainsi, pour accéder à une retraite à taux plein, les travailleurs nés après le 1er septembre 1961 devront avoir cotisé 169 trimestres (42 ans et trois mois), et ceux nés après 1965 seront les premiers à cotiser 43 ans.
Régime de longue carrière conservé
Aucune personne ayant commencé à travailler avant l’âge de 20 ans ne devra travailler plus de 44 ans.
Actuellement, le régime de carrière longue (carrières longues) permet à ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans de prendre leur retraite à 60 ans, et à ceux qui ont commencé avant 16 ans de cesser de travailler à 58 ans pour autant qu’ils aient suffisamment cotisé.
Cela concerne actuellement environ un travailleur sur cinq.
Dans le cadre de la réforme prévue par le gouvernement, les personnes qui ont commencé à travailler avant 16 ans pourraient toujours prendre leur retraite à 58 ans et celles qui ont commencé entre 16 et 18 ans pourraient arrêter à 60 ans.
Ceux qui ont commencé à travailler à 18-20 ans pourront prendre leur retraite à 62 ans.
Maintien des règles de retraite anticipée
La réforme conserverait également un dispositif permettant aux personnes en situation de handicap ou d’affection de longue durée de toucher leur retraite à taux plein à 55 ou 62 ans selon leur situation.
Ceux qui ont été exposés à l’amiante peuvent continuer à prendre leur retraite à 50 ans.
Plus de 15 % des départs à la retraite concernent des personnes relevant de ces régimes.
Les travailleurs victimes d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle pourront toujours partir en retraite anticipée, mais à 62 ans au lieu de 60 actuellement.
De plus, les années passées à s’occuper d’un parent âgé ou d’un enfant handicapé seront désormais incluses dans les calculs de la retraite anticipée.
Reconnaissance continue du travail pénible
L’accès au Compte professionnel de prévention (C2P), qui permet aux travailleurs exerçant des travaux pénibles ou pénibles de prendre une retraite anticipée, sera étendu aux personnes entrant sur le marché du travail.
Plus de 60 000 personnes supplémentaires seront concernées par ce dispositif chaque année, parmi lesquelles des personnes travaillant de nuit ou exposées à des risques importants de par leur travail.
Ces travailleurs se verront également proposer un bilan médical détaillé à mi-parcours de leur carrière.
Des efforts pour favoriser l’emploi des seniors
En France, seul un tiers des personnes âgées de 60 à 64 ans travaillaient en 2021, selon Eurostat.
Le gouvernement envisage désormais de mettre en place un indice enregistrant la proportion de personnes dans les entreprises de plus de 1 000 personnes ayant plus de 60 ans. Celui-ci sera étendu aux entreprises de plus de 300 salariés à partir de 2024.
Le refus de participer à l’indice entraînera des sanctions, a déclaré le ministre du Travail Olivier Dussopt.
Les règles entourant les paiements de pension pour ceux qui travaillent encore seront adaptées afin que les retraités qui choisissent de rester employés puissent recevoir plus.
Passons maintenant au débat parlementaire
Cette présentation n’est pas la version finale ; nous sommes prêts à adapter notre projet, a déclaré Mme Borne.
Le projet de loi sera désormais présenté en Conseil des ministres le 23 janvier, puis débattu à l’Assemblée nationale le 6 février, avant une adoption prévue avant la fin de l’année.
Un accord avec les Républicains de droite permet au gouvernement d’espérer faire passer ce projet de loi sans avoir à recourir à l’article 49.3 de la Constitution, qui lui permet de faire passer unilatéralement des projets de loi au Parlement sans vote.
Cependant, le projet de loi s’est déjà heurté à une opposition importante de la part des syndicats, qui ont formé un front uni contre son contenu.
Comment réagissent les syndicats ?
Nous sommes déterminés à ce que ce projet de loi ne soit pas adopté, a déclaré Philippe Martinez, dirigeant du syndicat CGT.
Laurent Berger de la CFDT a, pour sa part, critiqué l’une des réformes des retraites les plus brutales de ces 30 dernières années.
Les huit plus grands syndicats français CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, Solidaires et FSU ont appelé à une journée de manifestations le 19 janvier.
La dernière fois que les syndicats se sont mobilisés de la sorte, c’était en 2010, autour de la réforme qui a fait passer l’âge de la retraite de 60 à 62 ans.
Il va falloir un énorme mouvement pour les faire reculer [on this]on ne peut pas se contenter d’un demi-succès, Cyril Chabanier de la CFTC a m’a dit.
Un sondage réalisé par Odoxa-Agipi pour Challenges et BFM Business au début de ce mois a révélé que 80% des Français sont opposés à un report de l’âge de la retraite.
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