Affaire du meurtre de Corinne Di Dio : sa belle-sœur Marie-Thérèse Garcia, dite « Ma Dalton », a été condamnée à 25 ans de prison.
Après trois semaines d’audiences, la décision revient à Marie-Thérèse Garcia. Après avoir été jugée depuis le 16 juin à la cour d’assises des Yvelines pour le meurtre de son ancienne belle-sœur Corinne Di Dio en 1995, l’accusée de 79 ans connue sous le nom de « Ma Dalton » a finalement été condamnée à 25 ans de prison, vendredi 3 juillet.
Antonio Marquez-Gomez, l’ex-petit ami de la victime et accusé de meurtre, a été acquitté. Absent depuis le début du procès et soupçonné de vivre sous une fausse arrestation en Colombie, il a été jugé par contumace.
30 ans de prison requis par le parquet
Le 28 juin 1995, le corps démembré d’une femme est retrouvé dans une malle métallique flottant sur la Seine, dans l’Eure. Il faudra deux ans aux enquêteurs pour faire le lien avec la perte tragique de Corinne Di Dio, devenue aveugle depuis le 19 juin 1995. Dans deux cas, l’enquête a conduit à la destruction du dossier, en 2000 et 2008, faute de preuves suffisantes. En 2023, grâce à un nouveau rebondissement dans l’affaire, Marie-Thérèse Garcia et Antonio Marquez-Gomez sont finalement accusés de meurtre.
Tout au long du procès, un groupe de personnes, dont certains membres du gang, ont tenté d’exprimer leurs sentiments qui troublent les familles des accusés depuis des années. Malgré cela, les trente et un ans qui se sont écoulés depuis le meurtre de Corinne Di Dio n’ont laissé aucun détail sur l’affaire : plusieurs témoins sont morts, d’autres ne peuvent expliquer les faits évoqués.
Un jour avant que la décision ne soit rendue, les deux avocats ont demandé aux juges de reconnaître la culpabilité du septuagénaire et de ses amis, estimant que les preuves contre eux étaient suffisantes. Ils ont demandé 30 ans de prison.
La défense a plaidé non coupable
« Surpris » par ces demandes, les trois avocats de Marie-Thérèse Garcia ont de leur côté plaidé l’abandon du dossier, insistant sur le fait qu’il n’existe aucune preuve concluante contre leur client et que du temps a passé depuis les faits.
« J’ai plusieurs ennemis : le temps, qui ronge. Des gens qui meurent, des souvenirs qui disparaissent. J’ai un autre ennemi, et le fiasco : et la recherche. Cette recherche est un problème primordial car pour moi, il y avait d’autres moyens », a lancé Me Jérôme Goudard, critiquant la recherche qui a eu lieu dans les années 1990 et qui selon lui n’est déjà pas suffisante.
La défense a soutenu une autre méthode, selon laquelle aucune enquête approfondie n’a été menée : celle de la participation de Jean-Jacques Maurice, le gangster décédé, avec qui Corinne Di Dio a noué une relation avant de l’accuser auprès des autorités après 1981, l’envoyant en prison. Selon Me Jérôme Goudard, les doutes qui subsistaient à l’issue de ces trois semaines d’écoute devraient conduire à la grâce de Marie-Thérèse Garcia. « Vous le relâcherez parce que c’est juste », a-t-il déclaré à la fin de son plaidoyer.