Affaire des écoutes téléphoniques : la Cour européenne des droits de l’homme décide d’examiner l’appel de Nicolas Sarkozy

La demande de Nicolas Sarkozy est acceptable. C’est ce qu’a conclu la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), saisie par une personne impliquée dans l’affaire des écoutes téléphoniques, également connue sous le nom de « Bismuth », selon ce qu’a publié l’avocat de l’ancien président de la République. Me Patrice Spinosi félicite jeudi 9 juillet « une vraie victoire ».

« L’acceptation est rare puisque 90% des plaintes nationales adressées à la CEDH avant de bloquer la procédure. C’est une reconnaissance de la profondeur juridique de notre litige. Selon les recherches, lorsque le filtre de l’approbation est passé, environ 50% de ces demandes aboutissent au rejet de l’Etat français », écrit Me Patrice Spinosi.

La Cour de cassation a rejeté fin 2024 le pourvoi de Nicolas Sarkozy dans l’affaire des communications radio, rendant définitive sa peine de prison, dont une pour corruption et détournement de fonds, une peine inédite pour un ancien chef de l’Etat.

La peine a été exécutée sous bracelet électrique qu’il a dû porter du 7 février au 14 mai 2025, avant d’être libéré sur parole. Il a également été condamné à trois ans d’emprisonnement.

L’ancien président de la République a été reconnu coupable d’avoir tenté, avec son avocat Thierry Herzog, d’obtenir du président du tribunal, Gilbert Azibert, des informations confidentielles, voire une influence sur l’appel dans l’affaire Bettencourt. En échange : une promesse de soutenir le poste à Monaco.

La question du secret professionnel

Nicolas Sarkozy a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme après le rejet de son recours. Selon son avocat, sa demande « repose sur la violation du droit à la protection et, en particulier, sur la violation du respect de la confidentialité des avocats, garanti par les articles 6 et 8 de la Convention européenne des droits de l’homme ».

« Devant la justice française, Nicolas Sarkozy (…) a toujours plaidé contre la violation de ses droits fondamentaux, estimant qu’il ne pouvait être poursuivi pour les propos qu’il a tenus au téléphone avec son avocat, écrit Me Patrice Spinosi. La Cour européenne (…) doit maintenant décider si les juges français avaient eu raison de rejeter cet argument selon ses lois.

L’affaire devrait, selon l’avocat, permettre « aux juges européens d’expliquer comment doit être utilisé le droit au secret professionnel entre un avocat et son client. La décision qui sera prise dans cette affaire sera une décision de principe, qui dépassera le cas de l’ancien président de la République, puisqu’elle concernera toute personne placée sous tutelle en France, comme dans tous les pays européens ».

Entre-temps, s’ouvre la « phase controversée », où le ministère des Affaires étrangères doit « rappeler à répondre à l’atteinte aux libertés fondamentales que dénonce Nicolas Sarkozy ».

Je pense avec Patrice Spinosi Figaro que la décision de la Cour suprême européenne pourrait intervenir « en 2027 », dans « une décision claire, habituellement rendue par sept juges, dont un juge français, acceptée par la majorité ».

Si la France est assignée en justice par la Cour EDH dans cette affaire, Nicolas Sarkozy pourra « saisir la Cour d’appel pour demander l’annulation de sa décision et un nouveau procès ».

L’article original a été publié sur BFMTV.com

    (tagsTraduction)Patrice Spinosi 

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