Enfants abandonnés au Portugal par un couple français : quel est le profil des parents ?
Le couple français soupçonné deabandonné les deux jeunes enfants de la femme de 41 ans au bord d’une route au Portugal a été placé en détention provisoire, suite à une décision, ce samedi 23 mai, du tribunal de Setúbal pour « mettre en danger ou abandonner ».
Peu après l’annonce de cette décision, Marine R. et Marc B. ont quitté les lieux à bord d’un fourgon de gendarmerie parti directement du garage du tribunal, situé à une cinquantaine de kilomètres au sud de Lisbonne, non loin de l’endroit où les garçons de quatre et cinq ans ont été retrouvés mardi soir par un automobiliste, assis en train de pleurer au bord d’une route.
Depuis, de nombreuses questions pèsent sur le profil des deux Français. Que sait-on de leur profil ?
Marine R., hymne et « détachement »
Marine R. est la mère des deux enfants. Elle se présente sur les réseaux sociaux comme une « sexologue spécialisé dans les pratiques corporelles, les dynamiques développementales et la prise en charge spécifique des traumatismes ».
Récemment installée à Colmar, la mère des enfants travaillait en milieu hospitalier, selon Eric Straumann, maire de cette ville du Haut-Rhin, dans l’est de la France, qui a assuré qu’il « Aucun problème social ou comportemental n’a été signalé avec les enfants ».
« C’étaient des gens plutôt discrets, de bon niveau intellectuel, on n’était pas du tout en présence d’une famille en difficulté sociale, de toute façon il n’y avait aucun indice, ce n’était pas visible pour les équipes éducatives. »
A la connaissance de l’élu, qui s’est exprimé vendredi devant la presse, « il n’y a pas de famille sur place, le nouveau conjoint de la mère n’était pas connu à Colmar, le père des enfants ne résidait pas non plus dans une autre région, alors que les grands-parents habitent en région parisienne ».
Arrêtés jeudi à Fatima, dans le centre du Portugal, Marine R. et son compagnon ont montré « une certaine forme de détachement par rapport à la situation. (…) Ils avaient une attitude très distante »a déclaré vendredi le porte-parole de la gendarmerie, le lieutenant-colonel Carlos Canatario, à la télévision portugaise SIC.
À son arrivée au tribunal, on a entendu Marine R. chanter une mélodie rappelant un hymne.
Marc B., beau-père complotiste et violent ?
Marc B. n’est pas le père des deux enfants. « Les enfants résidaient chez leur mère (…), le père ayant un droit de visite limité et encadré »a expliqué le tribunal. C’est lui qui a signalé, depuis Colmar, la disparition de la mère et des deux enfants, entraînant l’émission d’un mandat d’arrêt européen par les autorités françaises.
Agé de 55 ans, ancien adjudant de gendarmerie qui a quitté la force à sa demande en 2010, Marc B. est donc le beau-père des enfants. Il est, pour sa part, également accusé d’un crime de « coups et blessures graves » sur l’un des enfants, a indiqué le tribunal de Setubal. Selon de premières informations le concernant, il relaye désormais des publications complotistes et antisémites.
Avant de quitter le tribunal vendredi soir à l’issue de la première partie de leur interrogatoire judiciaire, Marc B. s’est mis à crier, notamment « Armaguédon »envers les journalistes présents. Quand ils sont arrivés, il a crié deux fois » Je t’aime « sans que l’on sache à qui s’adressaient réellement ces paroles.
Que vont devenir les enfants ?
Vendredi, la justice portugaise a annoncé le placement des deux enfants dans une famille d’accueil avant leur rapatriement.
« Il appartiendra aux autorités judiciaires françaises (…) d’engager la procédure de retour des enfants » vers la France, a indiqué le tribunal de Setúbal.
« Ce qui compte c’est que les enfants se portent bien, que les auteurs présumés de ces crimes très graves, crimes commis contre des enfants absolument vulnérables, soient identifiés et traduits en justice »a commenté le ministre portugais de l’Intérieur, Luis Neves.
Les deux frères ont été retrouvés mardi soir sur la route nationale 253 reliant la ville d’Alcacer do Sal à la station balnéaire de Comporta, à une centaine de kilomètres au sud de Lisbonne. L’automobiliste qui les a repérés sur le bord de la route les a ensuite emmenés chez sa famille.
Selon le récit livré à l’AFP par la mère de ce boulanger, les enfants ont pu raconter à une autre personne parlant français, contactée pour faciliter la communication, que leur mère avait « disparu » après leur avoir bandé les yeux en leur faisant croire que c’était un jeu.
« Sur eux, ils avaient une orange, une poire, chacun (avait) une bouteille d’eau… Nous n’avons vu aucune trace de mauvais traitements. Peut-être que la mère a laissé tout cela pour que ses enfants puissent vivre au moins une journée. »a témoigné cette femme de 76 ans.
Un troisième enfant, âgé d’une quinzaine d’années, est resté en France. Selon le maire de la commune, « il serait resté à Colmar, dans la maison familiale ». Selon diverses sources, relayé par « les dernières nouvelles d’Alsace »ce troisième enfant, le grand frère de ceux âgés de quatre et cinq ans, qui n’aurait pas été présent au moment précis du départ de la mère, a été pris en charge par les autorités compétentes.