Ces prétendues photos de l’arrestation de Gims à Paris ont été générées par l’intelligence artificielle
L’artiste congolais Gims a été arrêté le 25 mars 2026 par les services nationaux des douanes judiciaires à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Dans la foulée, des photos présumées de son arrestation ont largement circulé sur les réseaux sociaux, le montrant menotté et entouré par la police. Mais ces images ont en réalité été générées par l’intelligence artificielle (IA), comme le montrent de nombreuses incohérences visuelles. L’AFP n’a retrouvé aucune trace de photos authentiques montrant cette arrestation.
« Affaire Gims : les autorités congolaises ont officiellement contacté les autorités françaises au sujet de l’arrestation de l’artiste Gims survenue à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle alors qu’il venait de Dubaï« , peut-on lire dans un Sujets de publication partagé des dizaines de fois et liké par des milliers d’internautes depuis le 25 mars.
Pour illustrer ses propos, l’internaute a partagé une image censée montrer le chanteur, vêtu d’une veste en jean et d’un pantalon blanc, menotté par un policier national dans une rue parisienne, entouré de passants semblant surpris de voir une telle scène.
Des publications similaires, avec la même image à l’appui, circulent sur Facebook (1, 2, 3, 4), Instagram, Tik TokX(1, 2, 3) et YouTube (1, 2), et dans plusieurs langues, notamment en Lingala, comme ici et Être.
« Gims arrêté à Roissy : star ou membre d’un réseau mondial de blanchiment d’argent ? – L’enquête qui secoue l’industrie« , peut-on lire sur un autre image également partagé sur Facebook (1, 2, 3), YouTube et Sujets depuis l’arrestation de l’artiste congolais à Roissy.
Cette fois, l’image prétend montrer l’artiste escorté jusqu’à l’aéroport par des agents judiciaires des douanes et de la police, avec en arrière-plan un véhicule des douanes et un avion d’Air France.
Ces visuels sont apparus après learrêter de Gims, Gandhi Djuna de son vrai nom, et son placement en garde à vue le 25 mars 2026 dans le cadre d’une enquête pour blanchiment en bande organisée (lien archivé ici).
Images générées par l’intelligence artificielle
En observant de près les images partagées sur les réseaux sociaux, on peut constater plusieurs incohérences visuelles, typiques des contenus générés par l’IA, même si les progrès constants de ces outils rendent de plus en plus difficile la détection de leur utilisation.
Sur la première image, l’interpellation semble avoir lieu dans une rue parisienne, alors qu’elle a en réalité eu lieu dans un aéroport. Les regards des témoins présumés et celui d’un agent des Sociétés républicaines de sécurité (CRS) apparaissent déformés et contre nature.
Interrogé le 26 mars par l’AFP, le service d’information et de communication du police nationale (Sicop) a décrit l’image comme « 100% faux » (lien archivé ici).
Symbole de l’IA, et encadrés rouges mettant en évidence les incohérences visuelles dans l’image générée par l’intelligence artificielle, ajoutés par l’AFP.
Les équipements visibles des forces de l’ordre présentent également plusieurs anomalies. Le badge porté par l’agent à gauche indique « Forques nationaux » au lieu de « Police nationale« . Et il est incohérent qu’un agent portant un tel badge puisse aussi porter celui des CRS, comme sur cette image, a souligné le centre de presse de la police nationale à l’AFP. Par ailleurs, le griffon a deux couleurs dans l’image générée par AI, alors que le vrai badge ne contient que du bleu.
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Julie SebadelhaAFP
(Julie SEBADELHA / AFP)
L’Insigne CRS est, quant à lui, quasiment illisible.
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Jean-Christophe VERHAEGENAFP
(Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP)
En arrière-plan, deux véhicules semblent appartenir à la gendarmerie, alors que ce sont les CRS qui procèdent à l’interpellation sur l’image, constate également la Sicop.
Les marquages sur les véhicules sont également incorrects : on ne porte pas correctement l’inscription « GENDARMERIE », et le mot « POLICE » sont à peine déchiffrables de l’autre.
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Valentin CHAPUISAFP
(Valentine CHAPUIS / AFP)
AFP Factual a également pu établir que l’image avait été générée grâce à Google AI, le modèle d’intelligence artificielle de Google, grâce à l’outil de détection ID de synthétiseur de Google, qui permet d’identifier les contenus produits par cette technologie (lien archivé ici).
Capture d’écran, prise le 26 mars 2026, de l’analyse de SynthID montrant que l’image a été générée par l’IA avec Google AI. Symbole AI ajouté par l’AFP.
La deuxième image présente également plusieurs anomalies : la tenue du douanier ne correspond pas à celui en service à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulleles mains sont déformées (doigts fusionnés ou en nombre incorrect), et une tour visible en arrière-plan qui ne correspond à aucune infrastructure aéroportuaire réelle (lien archivé ici).
Symbole de l’IA, et encadrés rouges mettant en évidence les incohérences visuelles dans l’image générée par l’intelligence artificielle, ajoutés par l’AFP.
On note également l’absence d’un élément textile noir sous l’inscription « POLICE » sur le brassard masqué d’agent escortant Gims.
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Patrick KOVARIKAFP
(Patrick KOVARIK/AFP)
Une analyse réalisée par l’AFP grâce au détecteur d’images de synthèse intégré auoutil de vérification (co-créé par l’AFP) InVID-WeVerify estime que cette image a probablement été générée par l’IA, avec un score de probabilité de 99 %.
Capture d’écran, prise le 26 mars 2026, de l’analyse de la photo réalisée sur InVID-WeVerify par l’AFP. Symbole AI ajouté par l’AFP.
Malgré la large couverture médiatique de l’événement, tant en France qu’en République Démocratique du Congo (RDC), L’AFP n’a trouvé, au 26 mars, aucune trace d’une image authentique de l’arrestation du chanteur..
Il n’est pas rare que des images générées par l’IA circulent sur les réseaux sociaux au gré de l’actualité : en février 2026, l’AFP avait par exemple à carreaux Images générées par l’IA prétendant montrer la perquisition des locaux du réseau social X à Paris.