« Cela me paraît important » : Laurent Nuñez en visite de deux jours en Algérie pour tenter de relancer les négociations entre Paris et Alger

Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nunez tentera lundi 16 février et mardi 17 février en Algérie de rétablir les relations entre les deux pays en termes de sécurité alors qu’il y a un conflit entre Paris et Alger.

Cette visite très médiatisée est annoncée puisque le ministre algérien de l’intérieur, Saïd Sayoud, a été invité il y a quelques mois par son homologue français. Mais il était trop tard pour que cette visite soit considérée comme le premier signe d’un dégel entre les deux pays.

« J’ai toujours été confiant »

« Je vais en Algérie pour une réunion de travail avec un ami. Il y a eu une phase préparatoire entre les ministères sur la technologie et maintenant nous passons à la phase politique », a déclaré Laurent Nuñez vendredi, lors d’un déplacement à Marseille.

Prudemment, il a expliqué que lors de cette « réunion de travail », toutes les questions de sécurité seront « discutées », à savoir la lutte contre le terrorisme, les trafiquants de drogue et les réfugiés.

« J’ai toujours été confiant dans le rétablissement des relations sécuritaires avec l’Algérie. (…) Cette visite marque la fin de cette responsabilité qui est de poursuivre les discussions avec les autorités du gouvernement algérien sur les questions sécuritaires. Cela me paraît important », a-t-il ajouté.

Mais la question de la relecture, c’est-à-dire du retour au pays du peuple algérien dans des circonstances inhabituelles en France (OQTF), reste très épineuse.

A ce jour, aucun pays algérien au titre de l’OQTF (obligation de quitter le territoire français) n’a été accepté par Alger, selon une source proche du dossier.

Relation brisée dès l’été 2024

Début février, le ministre français avait déclaré qu’il attendait de « bouger » avant de se rendre en Algérie, « de commencer à répondre » depuis Alger sur ce dossier et sur ce dossier. Christophe Gleizesle journaliste sportif français a été arrêté en mai 2024 en Kabylie et condamné en appel, début décembre, à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ».

S’il existait un « abécédaire » qui pourrait expliquer l’évolution de la migration, il n’a pas été rendu public.

Les relations entre les deux pays sont très tendues depuis l’été 2024 et la reconnaissance par la France de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, une zone au statut non reconnu selon l’ONU, où le conflit est partagé depuis 50 ans entre le Maroc et les séparatistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie.

Le conflit franco-algérien n’a cessé de s’intensifier entre l’enlèvement du militant antigouvernemental algérien Abdelmadjid Tebboune en avril 2024, l’arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié l’année suivante par le président algérien, la destitution d’avril ou l’exil d’Algérie. Douze collaborateurs de l’ambassade de France à Alger après quelques jours…

« Je trouve qu’il y a des signes positifs qui partent de toutes parts », a récemment déclaré à l’AFP Sabrina Sebaihi, députée à la protection de l’environnement.

Réorganiser la conversation avant tout

« D’un côté, nous avons le transfert de Christophe Gleizes près d’Alger, le président algérien qui dit ‘je ramène tout mon peuple’. De notre côté, le ministre de l’Intérieur dit ‘je m’en vais’. Peut-être que nous sommes dans un moment de crise », a expliqué le député des Hauts-de-Seine, qui a rencontré le président de l’Assemblée nationale à Alger.

La dernière visite du ministère de l’Intérieur en Algérie a débuté fin 2022 et la visite de Gérald Darmanin. Son successeur Bruno Retailleau a mis en lumière les conflits, tentant toujours de lancer un débat, notamment en libérant l’écrivain Boualem Sansal.

L’ancienne ministre socialiste Ségolène Royal, récemment en visite en Algérie, a joué le rôle de médiatrice lors de cette visite, se lançant comme présidente de l’Association France-Algérie. Il est venu plaider « pour le rétablissement des relations entre la France et l’Algérie ».

Arrivé lundi à Alger, Laurent Nuñez ne veut pas montrer les dents comme son prédécesseur, ni afficher des objectifs ambitieux, le plus important, selon les diplomates, est de reprendre les négociations, même difficiles, sur la sécurité.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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