Le salon international du vin de Wine Paris 2026 sous le signe d’un fort chaos

La filière a touché le fond, mais elle continue à se battre, ont insisté les exportateurs français lors de leur rendez-vous annuel au Salon du vin. Paris 2026. Comme ailleurs dans le monde, les conflits économiques et géopolitiques ont bouleversé la situation en France. Une baisse significative de 8% par rapport à 2024. Au global, les exportations de vins et spiritueux français ont atteint 14,3 milliards en 2025 et restent toujours le troisième secteur le plus excédentaire du commerce français après l’aviation et les cosmétiques.

Des droits de douane sont imposés des deux côtés de l’Atlantique

À ÉTATS-UNISc’est le taux d’imposition de 15 % de Trump, ainsi que l’effondrement du dollar, qui ont lourdement pesé sur les chiffres. Le protectionnisme de Washington aggrave les problèmes des fabricants en Europe et en Amérique. En fait, c’est toute la chaîne de valeur qui souffre des deux côtés de l’Atlantique. Michael Penn, vigneron avec sa femme dans les Finger Lakes, région viticole du nord des Etats-Unis, s’oppose à l’instauration de barrières commerciales :  » Ces taxes ne nous aident pas. Les distributeurs américains avec lesquels nous travaillons expédient du vin français et les figurants gênent leur travail. Cela nous affecte indirectement. On ne peut que s’opposer à ces taxes ».

Lire aussiIndustrie vitivinicole : comment sortir de ce problème ?

Dans ChineLes droits antidumping concernaient le cognac, l’Armagnac et d’autres spiritueux français. Les ventes en Chine ont baissé de près de 20 %.  » C’est simple : quinze années de croissance ont été supprimées sur les trois dernières années », déplore Florent Morillon, président de l’office professionnel du pays de Cognac.

L’UE veut sauver l’industrie vinicole européenne

Dans un dossier très difficile, il faut chercher des sources de croissance ailleurs dans le monde, notamment en raison des accords commerciaux conclus à Bruxelles avec le Mercosur et l’Inde, a déclaré Gabriel Picard, président de la Fédération française des vins et spiritueux à l’étranger (FEVS) :  » Le monde change. Notre industrie est affectée par ce changement. La vision que nous avions depuis des années d’un syndicat basé sur le libre-échange populaire est révolue. Nous devons accepter de gérer les relations les plus complexes et les plus altérantes du pouvoir. Mais cela ne veut pas dire que les ventes ne peuvent pas avoir lieu. Cela se fera simplement différemment ».

Le Brésil est le terrain de jeu des vins français. Le marché indien est un délice historique pour les spiritueux. Le Canada recommence. Les marchés se diversifient, l’Afrique du Sud affichant la plus forte croissance des ventes. Une bonne nouvelle pour un secteur qui emploie 600 000 emplois directs et indirects en France.  » C’est deux fois plus d’espace ! », sourit Gabriel Picard.

Lire aussiEn raison de la hausse des prix à l’exportation, la production mondiale de vin restera faible en 2025

Conquérir de nouveaux marchés

Les producteurs français se tournent vers d’autres régions du monde, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est. «  Tout le monde le veut et personne n’est prêt à abandonner », confirme Vincent Creton, responsable de la Cave de Sancerre. Cet entrepôt qui regroupe plus de 70 familles viticoles du Val-de-Loire vient d’ouvrir un bureau à Bangkok, la capitale de la Thaïlande. Une approche bien pensée. Le marché du vin en Asie devrait croître de 5 % par an jusqu’en 2027.

Mais conquérir ces nouveaux marchés ne sera pas facile et prendra du temps, estime Sylvain Naulin, directeur de l’Interprofession des vins de Bourgogne : « Nous sommes implantés au Brésil depuis plusieurs années maintenant. Nous avons une exportation qui n’est pas très importante, mais qui est en croissance. Cela représente 100 millions d’euros par an. L’Inde est le plus grand marché d’avenir pour le vin de Bourgogne. Mais qu’est-ce qui portera ses fruits dans 5, 10 ou 15 ans seulement », conclut-il.

La partie européenne est compatible avec cette nouvelle localisation

Baisser les impôts, c’est bien, estime Dominique Piron, viticulteur dans le Beaujolais. Mais cela ne remplace pas le travail sur le terrain.  » La première étape pour gérer une entreprise est d’être humain. C’est rencontrer des gens, apprendre à se connaître. Et c’est plus puissant que les impôts. C’est une question de relations humaines », conclut ce fondateur du Clos Vieux Bourg.

Comment conquérir ces nouveaux clients ? En racontant son histoire, il répond à Mariangela Cambria, présidente d’Assovini, l’association italienne des vignerons de Sicile.  » Les gens qui viennent chez nous veulent entendre notre histoire. L’histoire de cette terre concerne ceux qui la cultivent. Notre maison est pleine de légumes et d’eau et nous mourons lorsque nous remplissons notre maison d’eau. », fait référence à ce vigneron qui cultive ces vignes sur les pentes de l’Etna en Sicile.

Il y a beaucoup à faire. Les viticulteurs le savent. Mais toutes les attentes sont permises.

www.actusduweb.com
Suivez Actusduweb sur Google News


Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite