« Distractions », suivies par un juge des enfants, « conflits » avec son professeur… Quelle est l’histoire de l’élève qui a poignardé son professeur à Sanary-sur-Mer ?
Il est décrit comme un élève « perturbateur » mais pas violent. Un garçon de 14 ans a poignardé son professeur 60 ans, au collège de La Guicharde à Sanary-sur-Mer le mardi 3 février.
Le professeur a reçu trois ou quatre blessures de la part d’un étudiant interpellé et placé en garde à vue pour « tentative de mort », a expliqué cet après-midi le procureur de Toulon, Raphaël Balland.
• Un élève « gênant » et « perturbateur »
Dans son collège, l’adolescent, né en mars 2011, est décrit comme « perturbateur » et « blessant » mais pas violent par sa professeure d’éducation physique Tatiana Kolodziej, qui a témoigné devant plusieurs journalistes avant le lancement.
« Je ne parierais pas du tout, on a été surpris, on ne s’y attendait pas, c’est douloureux mais on ne peut pas s’y attendre », dit-il.
L’étudiant n’est pas connu pour avoir commis des violences. « Il n’a rien de dangereux qu’il ait vu le juge des enfants », nuance toutefois Raphaël Balland qui explique que l’adolescent est « très silencieux ». À notre connaissance, il n’a aucun problème de santé mentale.
L’élève étudiait depuis la sixième année à l’école. Il n’est pas mentionné à plusieurs reprises, et il semble juste « un peu agité ».
• Étudiant suivi par un défenseur des enfants pour un soutien éducatif
Selon la première enquête, l’étudiant avait un « problème conjugal », précise le procureur. Et pour cause : le collège où étudie l’étudiant a déposé un signalement en mars 2025 en raison de soupçons d’« actes de violence commis par les parents à l’encontre de la jeune sœur de l’accusé », indique le procureur.
L’enquête « n’a pas confirmé que les enfants avaient été maltraités ». Le juge des enfants a, de son côté, estimé qu’il n’y avait « rien de dangereux » chez l’adolescent. L’élève « a nié que ses parents l’aient maltraité ».
Le parquet de Toulon a donc classé l’enquête en juin et renvoyé le dossier devant un juge pour étayer des études. Ce dernier a ordonné en septembre « un dispositif d’accompagnement éducatif » pour l’étudiant et sa sœur, « visant notamment à établir un soutien familial ».
• « Désaccord » entre élève et professeur
Avant de poignarder son professeur, le procureur a indiqué qu’il y avait eu des « conflits » avec l’enseignant. Il a déclaré: « Il était en colère contre elle parce qu’elle lui avait dit quelque chose. »
L’enseignant avait fait exactement quatre ou cinq reportages sur les problèmes de comportement de l’élève, a indiqué une source à BFMTV.
Dans une classe de 22 élèves, « l’enfant, sans connaître la situation, a porté trois ou quatre coups de couteau à l’enseignant. Le nez a été touché à trois reprises », mentionne le procureur. La femme a quitté la classe enceinte. C’est l’ami handicapé d’AESH, qui se trouvait sur le balcon, qui est venu l’aider car il avait perdu beaucoup de sang.
• « Il n’y a ni religion ni politique »
La raison en est encore inconnue. Le procureur souligne toutefois qu' »il n’y a ni religion ni politique » derrière les agissements de l’étudiant. Après avoir été interpellé dans l’après-midi par « le personnel du chantier sans protester », l’adolescent a été placé « en prison pour crime de meurtre » car la police doit enquêter s’il n’y a pas de préparation.
Quant à l’état de santé du professeur injecté, il a été transporté à l’hôpital militaire de Toulon, et ses informations importantes étaient en danger. Dans l’après-midi, il a quitté le bloc opératoire « en bon état », a indiqué le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Les cours seront suspendus mercredi et reprendront jeudi, a ajouté le ministre mardi soir. Une équipe de santé mentale a déjà été constituée.