Livraison de drogue : « l’intention sexuelle » au cœur des discussions au dernier jour du procès de Joël Guerriau

Henri Carpentier se promène. L’avocat de Joël Guerriau envisage de faire appel devant le tribunal de grande instance de Paris. Quelques minutes auparavant, le procureur de la République avait requis quatre ans de prison, plus trois ans, contre son client, l’ancien sénateur de Loire-Atlantique.

Après un long délibéré, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Joël Guerriau à 4 ans de prison, dont 30 mois avec sursis avec mise à l’épreuve, ce mardi 27 janvier. Ils ont également prononcé une peine avec sursis, sans exécution provisoire, contre l’ancien sénateur. Le tribunal n’a donc pas retenu la thèse de l’accident, rejetant la version de Joël Guerriau qui parlait d’« action involontaire ». Son avocat, Me Henri Carpentier, a déjà annoncé un appel.

« La prescription, ce n’est pas de la triche »

En début de journée, Me Henri Carpentier a adressé un message clair au tribunal : son client, Joël Guerriau, « ne doit pas être un signe de toxicomanie ». L’avocat a nié que le dossier constituait une prescription. Cependant, il en a été question tout au long de la deuxième et dernière journée d’audience.

Me Arnaud Godefroy, l’avocat de Sandrine Josso, l’a dit dès les premières minutes de sa plaidoirie. « Il a dit qu’il ne voulait pas séduire Sandrine Josso.

Pour l’avocat, l’essentiel de l’affaire se jouait ailleurs. « Joël Guerriau ment », a déclaré la robe noire. « Il a menti hier (…) il a menti à sa famille. Il nous a aussi menti sur sa dépression lors de l’entretien (…) il nous a aussi menti en disant que nous connaissions la médecine. »

Si Joël Guerriau ment, « c’est parce qu’il est mal à l’aise », estime l’avocat. « Ils ne sont pas à l’aise, car la MDMA représente 22 % des drogues utilisées en médecine », a poursuivi Me Arnaud Godefroy, revenant en détail sur les recherches internet de Joël Guerriau, un mois avant la soirée du 14 novembre 2023.

« Il nous ment sur son but »

« Il nous ment aussi sur son intention », a ajouté l’avocat du député de Loire-Atlantique, rappelant la cohérence des propos tenus par son client dès cette nuit de novembre 2023. L’intention, élément central du dossier. Joël Guerriau a-t-il délibérément mis de la drogue dans le verre de champagne de Sandrine Josso pour l’attraper ?

« Le comportement de M. Guerriau confirme la finalité du sexe », a déclaré M. Arnaud Godefroy, faisant référence à l’étude de la drogue, de ses effets, des lieux de prostitution et de l’accompagnement des jeunes filles réalisée par le prévenu. « M. Guerriau, qui n’a jamais été agressif, aimait quiconque prenait des médicaments pour une fille (…) Il mettait la poudre dans un verre en attendant que le médicament fasse effet. »

« Si l’on met tous les faits ensemble, la vérité est que M. Guerriau connaissait l’existence de la MDMA, la vérité est qu’il a délibérément intoxiqué Madame Josso à des fins sexuelles », a tranché Benjamin Coulon, le procureur. La version de Joël Guerriau n’a pas changé depuis le début de l’affaire : il ne savait pas que cette poudre était un médicament.

Un fait « très profond ».

« Il est important que Joël Guerriau se rende compte un jour que ce qui lui est reproché est très grave », a déclaré Benjamin Coulon, rappelant l’histoire tristement célèbre de l’accusé qui a voté en 2018 la loi antidrogue.

« M. Guerriau a montré qu’il soutenait Mme Josso dans la lutte contre la soumission de drogues. Ce que je crois c’est que c’est la décision de Joël Guerriau à la fin du dossier qui sera meilleure en raison de l’opposition à la soumission de drogues », a ordonné le juge.

Retour sur les plaidoyers de Me Henri Carpentier. En effet, l’avocat a mené une information judiciaire, ainsi que le témoignage de Sandrine Josso et celui du procureur. Les sacs que Sandrine Josso affirme avoir vu au soir du 14 novembre 2023 « ne prouvent rien ». Vous effectuez une recherche sur Internet ? Ils ont été réalisés dans le train, devant tout le monde dans la voiture bondée de première classe, juste un mois avant leur départ en soirée. Et il a assuré le tribunal : il ne permet pas de retenir « l’intention sexuelle de Joël Guerriau ».

Concernant les pantalons de jogging que portait Joël Guerriau le soir des événements (Sandrane Josso les a évoqués lundi lors de son témoignage au bar; NDLR), « il n’est pas difficile » de garder « l’intention sexuelle de M. Guerriau, qui aurait été de violer une femme, de ses vêtements », affirme M. Henri Carpentier.

« Je ne voulais pas faire d’ordonnance »

Me Marie Roumiantseva, qui défendait également Joël Guerriau, les a rejoints. « Il n’y a pas suffisamment de preuves pour démontrer » l’un ou l’autre crime, a déclaré l’avocat sans prolonger le doute : « Je demande que mon client soit libéré ».

Le dernier mot revient à Joël Guerriau. « Je suis très brisé par ce que le procureur a demandé et ce qu’il pense. Je n’ai pas voulu commettre un attentat et blesser Madame Josso. J’ai parlé encore et encore. Je suis déçu », a déclaré d’une voix indistincte l’ancien sénateur, sa parka imperméable sur le dos. « Je suis désolé pour Sandrine. J’ai l’impression qu’on me blâme. Je ne voulais pas me droguer. Je n’ai jamais eu cette intention. »

À la sortie de la salle d’audience après le verdict de Joël Guerriau, Sandrine Josso a exprimé son « grand soulagement » de se voir victime.

L’article original a été publié sur BFMTV.com

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