Un incendiaire de l’église de Nantes a tenté d’assassiner le curé Olivier Maire
Il avait déjà été condamné pour incendie criminel en 2020 pour un Cathédrale de Nantes, Emmanuel Abayisenga est jugé depuis lundi 19 août devant la cour d’assises de Vendée pour le meurtre d’Olivier Maire un an plus tard.
Août 2021 : sous contrôle judiciaire après avoir été écroué dans le cadre de l’enquête sur l’incendie de l’église, Emmanuel Abayisenga, originaire du Rwanda, est dirigé par la congrégation missionnaire de Montfort à Saint-Laurent-sur-Sèvre (Vendée). Il vient de terminer quelques semaines dans un hôpital psychiatrique. Le 9 août, tôt dans la matinée, il s’est rendu en prison et a plaidé coupable de meurtre.
Défaut de reconnaître
Le corps d’Olivier Maire, 61 ans, a été retrouvé couvert de sang dans la maison où il réside avec Emmanuel Abayisenga. Selon l’enquête, la victime est décédée dans la nuit du 8 au 9 août des suites d’un violent coup porté à la tête.
Entre ses aveux à la police et sa détention – reprise en juin 2022 après un nouveau séjour à l’hôpital – les explications de l’accusé divergent sur les raisons de ce qu’il a fait.
Bien qu’il ait nié s’y attendre, le juge s’est rendu compte qu’il était prémédité et a renvoyé Emmanuel Abayisenga, aujourd’hui âgé de 45 ans, devant la cour d’assises pour meurtre.
Les psychiatres qui l’ont testé dans leurs recherches ont remarqué des changements dans sa cognition au cours des événements.
Parties civiles au procès attendu pour quatre jours, les deux frères d’Olivier Maire attendent que « justice soit faite, qu’il y ait un verdict et une sanction », a déclaré à l’AFP leur avocat, Me Céline Parti. Il ne cesse de se poser des questions, et surtout : « Pourquoi ? Ils espèrent des réponses », a-t-il ajouté.
Un bénévole « serviable ».
Né au Rwanda et arrivé en France en 2012, l’accusé a été bénévole pendant plusieurs années dans le diocèse de Nantes. Il est décrit par des témoins comme « serviable » et « intelligent ».
Après que ses demandes d’asile aient été rejetées à plusieurs reprises, il a été condamné à quatre reprises à quitter le territoire français (OQTF) entre 2015 et 2019, selon l’enquête.
Condamné à quatre ans de prison pour l’incendie de la cathédrale de Nantes, il a annoncé lors du procès être devenu très célèbre pour les destructions survenues à l’intérieur du bâtiment fin 2018. Dans un mail envoyé aux nombreuses personnes qui ont interagi avec lui le jour de l’incendie, il a exprimé sa frustration face à son mouvement et à cette attaque.
Avant d’être tué, le père Olivier Maire avait fait part à plusieurs personnes de son intention de quitter l’église et de retourner en prison.
Originaire du Doubs, Olivier Maire a été ordonné prêtre en 1990 et a vécu en Ouganda, en Haïti et en Italie. Des témoins le décrivent comme un « homme calme », « ouvert » et « traditionnel ».
Sa mort avait alors provoqué un grand tollé, y compris au plus haut niveau de l’Église catholique : le pape François expliquait chaque semaine sa « douleur » en public.