La violence en Nouvelle-Calédonie s’atténue légèrement alors que la France envoie des renforts pour assurer la sécurité

Environ 1 000 renforts des services de sécurité ont été déployés avec des pouvoirs accrus pour apaiser les troubles dans l’archipel, qui compte environ 270 000 habitants et dont la population indigène aspire depuis longtemps à l’indépendance.

Les autorités françaises en Nouvelle-Calédonie et le ministère de l’Intérieur à Paris ont déclaré que cinq personnes, dont deux policiers, avaient été tuées depuis lundi.

Au moins 60 membres des forces de sécurité ont été blessés et 214 personnes ont été arrêtées jeudi à la suite d’affrontements avec la police, d’incendies criminels et de pillages. Deux membres de la communauté autochtone kanak de l’île figuraient parmi les personnes tuées.

Le Haut-commissaire Louis Le Franc a annoncé vendredi des mesures strictes dans le cadre de l’état d’urgence, qui durera au moins 11 jours, avec un couvre-feu en vigueur de 18 heures à 6 heures du matin. Les militaires français ont été déployés pour protéger les ports et aéroports et libérer les troupes de police. .

Les exceptions à ce couvre-feu incluent le personnel essentiel des services publics, les déplacements médicaux urgents et les activités nocturnes critiques, a indiqué Le Franc. Il a ajouté que les violations du couvre-feu entraîneraient des peines allant jusqu’à six mois de prison et une amende.

Le groupe d’îles du Pacifique à l’est de l’Australie, 10 fuseaux horaires avant Paris, est connu des touristes pour ses atolls et récifs classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les tensions couvent depuis des décennies entre les Kanaks, qui aspirent à l’indépendance, et les descendants de colons qui veulent que le pays reste rattaché à la France.

Les personnes d’origine européenne en Nouvelle-Calédonie, qui a longtemps servi de colonie pénitentiaire française et dispose désormais d’une base militaire française, font la distinction entre les descendants de colons et ceux qui font remonter leurs ancêtres aux prisonniers envoyés de force sur le territoire.

Le Franc a annoncé que les renforts se concentreraient sur la reprise du contrôle des zones de la capitale territoriale, Nouméa, qui restent hors de contrôle, notamment Kamere, Montravel et certaines parties de la Vallée du Tir.

Des renforts vont arriver pour contrôler les zones qui nous ont échappé ces derniers jours, a-t-il précisé.

Malgré une certaine accalmie, les violences se sont poursuivies dans certaines zones, avec des incendies jeudi soir dans une école et deux commerces. Des centaines de militaires et de policiers supplémentaires sont arrivés en Nouvelle-Calédonie, où les routes sont jonchées de débris et où des véhicules blindés patrouillent dans les rues. Il s’agit de la pire flambée de violence en Nouvelle-Calédonie depuis les années 1980, les boulevards bordés de palmiers de Nouméa étant transformés en champs de bataille.

Le Franc a annoncé qu’un suspect d’homicide s’était rendu aux autorités vendredi, tandis que d’autres étaient toujours recherchés. Le Premier ministre Gabriel Attal a déclaré qu’environ 1 000 membres des forces de sécurité supplémentaires seraient envoyés en Nouvelle-Calédonie, s’ajoutant aux 1 700 déjà présents, et que les autorités feraient pression pour que les sanctions les plus sévères soient imposées aux émeutiers et aux pilleurs.

Le ministre français de l’Intérieur, Grald Darmanin, a déclaré que TikTok avait été interdit parce qu’il était utilisé par des manifestants, une décision que la société de médias sociaux a qualifiée de regrettable.

Thierry de Greslan, représentant de l’hôpital de Nouméa, s’est dit préoccupé par la dégradation de la situation, aggravée par les barrages routiers dans la ville.

Nous estimons que trois ou quatre personnes pourraient être décédées en raison du manque d’accès aux soins médicaux, a déclaré de Greslan. Il a ajouté qu’une cinquantaine de patients dialysés n’avaient pas pu recevoir leurs traitements.

Le nombre de visites aux urgences a considérablement diminué, avec une diminution de 50 % récemment et une réduction de 80 % jeudi.

Nous sommes dans une situation de guérilla urbaine avec des blessures par balle la nuit, a déclaré de Greslan.

Les salles d’opération des hôpitaux fonctionnent 24 heures sur 24 et, même si le personnel est prêt à faire face à des crises immédiates, de Greslan s’est dit préoccupé par l’avenir.

Nous sommes prêts à y faire face, mais je m’inquiète de l’effet rebond sur les patients qui ne sont pas soignés actuellement et qui sont extrêmement stressés, a-t-il déclaré.

La réforme du vote doit encore être approuvée par une session conjointe des deux chambres du Parlement français. Macron a indiqué que les législateurs voteraient pour l’adoption du changement constitutionnel d’ici la fin juin à moins que les parties opposées de la Nouvelle-Calédonie ne parviennent à conclure un nouvel accord.

Une visioconférence entre Macron et les députés calédoniens prévue jeudi a été annulée, les différents acteurs ne souhaitant pas se parler, a indiqué son bureau.

Entre-temps, les autorités ont arrêté environ 200 des quelque 5 000 émeutiers, et les forces de sécurité ont assigné à résidence cinq militants indépendantistes présumés accusés d’avoir organisé des violences. Soixante-quatre des blessés sont des policiers et des forces de sécurité.

Darmanin a également accusé l’Azerbaïdjan d’ingérence suite aux visites de plusieurs dirigeants indépendantistes, une affirmation démentie par le gouvernement de Bakou.

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