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Le débat sur l’ajout du consentement à la définition juridique française du viol

Le debat sur lajout du consentement a la definition juridique

Depuis plusieurs semaines, le gouvernement français laissait entendre que la loi définissant le viol ne serait pas modifiée, mais le débat sur la question s’est soudainement accéléré. Vendredi 8 mars, lors de la cérémonie de promulgation de l’amendement constitutionnel ajoutant la liberté d’avorter à la Constitution, le président Emmanuel Macron a déclaré qu’il allait « inscrire dans le droit français » la notion de consentement.

Quelques jours plus tôt, à Le Figaro Madame, le ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti a pris un engagement similaire, quoique moins définitif. « En matière de viol, mon objectif est d’améliorer continuellement nos outils, y compris juridiques. Ainsi, même si j’appelle à la prudence en matière de code pénal, ce qui est normal compte tenu de mon rôle de ministre de la Justice, je n’exclus pas réflexion sur la question de la définition du viol », a-t-il déclaré.

Le viol est un crime majeur et courant qui fait rarement ou mal l’objet de poursuites. Toutefois, selon les statistiques du ministère français de la Justice, le nombre de condamnations pour viol est en augmentation depuis 2017. Cette année-là, 960 condamnations pour viol ont été enregistrées, contre 1 260 en 2022. Cela équivaut à une augmentation de 30 %.

Le faible niveau de poursuites pour viol est-il un problème juridique dû à un article de loi rédigé il y a un peu plus de 40 ans qui mérite d’être renforcé, ou un défi plus opérationnel qui pourrait être amélioré en allouant plus de moyens et une meilleure formation aux enquêteurs et aux juges ? Au niveau de l’Union européenne, les options législatives ont été encouragées.

Dans son premier projet, présenté le 8 mars 2022, la Commission européenne proposait que le « délit de viol » repose sur la condition que la victime n’ait « pas consenti à l’acte sexuel ». Étonnamment, la France faisait partie des États membres (avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la Hongrie) opposés à une définition du viol à l’échelle européenne basée sur la notion de consentement, ce qui a conduit l’Union européenne (UE) à finalement abandonner cette idée. .

En savoir plus Abonnés uniquement La France s’oppose au projet de définition du viol à l’échelle européenne

Un sujet épineux et volatile

Le ministère de la Justice a démenti avoir changé d’avis : « Ce sont deux sujets différents. En ce qui concerne le débat au niveau européen, c’est un sujet qui a été exploité par certains lors de la campagne pour les élections européennes (notamment par le parti socialiste de gauche). candidat Raphal Glucksmann), et nous ne voulions pas nous y laisser entraîner, d’autant plus que l’UE n’a pas le pouvoir de définir le crime de viol. La gravité du problème nous oblige à le prendre au sérieux, et nous nous y sommes tenus. la même position. Concernant la définition du viol, le ministre a toujours affirmé qu’il était disposé à améliorer tous les outils, y compris juridiques. C’est d’ailleurs ce qu’il a fait en 2021 avec la loi Billon, qui a permis une avancée majeure en ajoutant qu’un mineur de moins de 15 ans ne peut consentir à un acte sexuel avec un adulte. Et aussi en ajoutant un délai de prescription mobile, qui permettait de poursuivre certains viols prescrits lorsqu’ils étaient commis en série et que l’un d’entre eux n’était pas prescrit. »

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