La France va imposer l’interdiction des modèles
L’autorité française de réglementation des jeux d’argent, l’Autorité nationale des jeux (ANJ), a déclaré qu’elle interdirait l’utilisation de l’image d’un athlète dans les communications sur les jeux d’argent.
L’ANJ a publié un certain nombre de nouvelles réglementations sur le parrainage des jeux d’argent pour les équipes sportives et des recommandations non contraignantes pour les parrainages de jeux d’argent français afin de renforcer la réglementation de ces pratiques commerciales, qui comprend une interdiction des modèles.
Les nouvelles règles sont le résultat d’un groupe de travail sur le parrainage des jeux d’argent lancé à l’été 2022.
Interdiction des mannequins en France
Parmi les propositions figure une nouvelle réglementation qui interdit l’utilisation de modèles dans la communication marketing sur les jeux d’argent. Afin d’évaluer si un athlète pouvait faire appel à des mineurs, l’ANJ doit s’appuyer sur un certain nombre de mesures.

Il s’agit d’inclure dans quelle mesure les enfants peuvent voir l’individu favorablement, ainsi que la composition de l’audience d’un athlète sur les réseaux sociaux.
L’ANJ a déclaré que si les 13-17 ans représentent 16% de l’audience, elle considérera l’athlète populaire auprès des mineurs.
Le régulateur exigera également que les enfants soient exclus de la réception de produits ciblés contenant une marque d’opérateurs. Il peut s’agir d’animaux en peluche, de jouets pour enfants ou de figurines.
Les mineurs ne sont pas non plus autorisés à participer à des activités commerciales mises en œuvre dans le cadre d’un partenariat de jeu.
En outre, l’ANJ a recommandé deux recommandations non contraignantes pour les organisations impliquées dans des partenariats sportifs. Celles-ci sont que les logos d’une société de jeu ne doivent pas être mis sur des chemises de taille enfant et que les publicités de jeu sur le terrain incluent une phrase interdite aux moins de 18 ans.
Prévention du jeu problématique
L’ANJ a également publié un certain nombre de directives visant à prévenir le jeu problématique.
Celles-ci incluent l’interdiction d’utiliser des images d’athlètes, d’arbitres et d’autres acteurs dans les communications commerciales.
Les règles empêchent les sportifs actifs de faire des pronostics sur le résultat d’une compétition et de promouvoir les cotes. Ces directives s’appliquent si l’athlète le fait dans le cadre des opérations commerciales d’un opérateur.

Les équipes sportives et les opérateurs doivent également être tenus d’afficher un message d’avertissement sur toutes les publicités au bord du terrain. Des messages d’avertissement doivent également être ajoutés aux vidéos commerciales présentant des paris.
Parmi les recommandations non contraignantes, il est demandé aux organisations sportives de ne pas proposer de lien de redirection de pari, d’afficher des cotes ou de promouvoir des récompenses commerciales sur leurs sites ou plateformes de contenus.
L’ANJ recommande aux entreprises sportives de ne pas renommer leurs installations ou leurs compétitions après les opérateurs de jeux d’argent. Le régulateur demande également qu’une marque d’opérateurs de paris sportifs apparaisse de manière limitée dans et autour des locaux. L’organisme a déclaré que les équipes sportives devraient éviter de saturer les techniques marketing, les médias immersifs ou la répétition des messages publicitaires.
Interdiction de partenariat avec des offres sans licence
L’ANJ doit interdire aux organisations sportives et aux athlètes de conclure des contrats avec des sociétés de paris opérant illégalement en France.
À titre de recommandation non contraignante, le régulateur a demandé aux organisateurs d’événements sportifs de vérifier si un opérateur est bloqué par l’ANJ avant de signer un contrat. Ces accords concerneraient des accords signés pour la publicité à l’étranger.
L’ANJ a déclaré que les lignes directrices et les recommandations pourraient être prolongées à une date ultérieure si cela est jugé nécessaire. Il a ajouté qu’il avait l’intention de procéder à une évaluation des propositions au premier trimestre de 2024.
Tendances du sponsoring sportif français
L’ANJ précise que les nouvelles règles vont être mises en place en raison de l’évolution du parrainage en France.
Le nombre de partenariats sportifs avec des opérateurs de jeux légaux a augmenté de 20% entre 2022 et 2023 pour atteindre 40,7 millions. De plus, les clubs ont signé 15 millions en partenariats avec des sites sans licence pour les joueurs asiatiques et africains.
Le régulateur a souligné que les accords de jeu ne représentaient que 2% du nombre total de partenariats en France.
ANJ a noté un certain nombre de tendances qui caractérisent la nature changeante des partenariats de jeu. Ceux-ci comprenaient une utilisation accrue des athlètes pour promouvoir le jeu, un manque de messages d’avertissement obligatoires et l’apparition de liens de redirection vers les sites de paris. Il comprenait également des partenariats avec des équipes sportives amateurs.
Le régulateur a souligné la pratique croissante consistant à nommer les installations sportives après les opérateurs de paris.
Susceptible de banaliser le jeu
Cette association entre sport et jeux d’argent est de nature à banaliser et rendre attractive la pratique de ces jeux, et donc à stimuler leur consommation ainsi qu’à favoriser le jeu excessif ou pathologique et le jeu chez les mineurs, précise l’ANJ.
Ces éléments de risque ont été mis en évidence par plusieurs études scientifiques récentes et impliquent une régulation renforcée de la pratique commerciale du partenariat.
Plusieurs pays européens ont choisi d’interdire les partenariats sportifs avec les opérateurs de jeux d’argent. C’est le cas de l’Espagne, de l’Italie et de la Suisse qui devraient bientôt être rejoints par la Belgique et les Pays-Bas.
Le Royaume-Uni envisage pour sa part de limiter ces contrats de partenariat, notamment en interdisant l’apposition de la marque d’un opérateur de jeux d’argent sur les chemises, a ajouté le régulé.
En juillet 2022, l’ANJ a mis en place un groupe de travail dédié avec le ministère des sports. La Direction générale de la santé (DGS) et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) ont également collaboré au projet.