France – Pesticides, méga-bassins et qui fait quoi | France – Pesticides, méga-bassins et qui peut faire quoi

L’étude, publiée le 6 avril, indique que plus d’1/3 de l’eau du robinet française porte des traces d’un pesticide interdit.
Photo gracieuseté de Unsplash / SHTTEFAN

L’âge de la retraite en France n’est pas le seul débat qui fait des vagues au pays de la fraternité et des croissants en ce moment. Un tiers de l’eau potable française s’avère contaminée grâce à un pesticide interdit, une nouvelle inquiétante. Alors ne devrait-il pas être temps de retirer certains pesticides ? Le ministre de l’Agriculture dit le contraire — il est toujours acceptable de faire des exceptions pour les produits chimiques les plus utilisés, n’est-ce pas ? Et d’autres protestations se poursuivent, avec une vague de militants luttant contre le développement des méga-bassins, des centres de rétention d’eau qui mettent un nouveau terme sur la table – vous avez entendu parler d’accaparement des terres, eh bien voici l’accaparement de l’eau. Plongez dans le tour d’horizon de cette semaine, édition française. Par Ashley Parson

Pesticide interdit dans l’eau du robinet

Des traces d’un pesticide interdit appelé chlorothalonil ont été retrouvées dans l’eau du robinet d’un tiers des foyers français, selon un rapport de l’Observatoire français de l’environnement, l’Agence française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Le produit chimique a été lié au cancer, aux problèmes de reproduction et aux dommages environnementaux.

L’étude a analysé des échantillons d’eau du robinet de 22 régions françaises entre 2017 et 2021. Les résultats ont montré que le pesticide était présent dans 32 % des échantillons.

Graphique avec l’aimable autorisation de Slow Food Europe

Le chlorothalonil a été interdit dans l’Union européenne (UE) en 2020 en raison de ses risques potentiels pour la santé et l’environnement. Cependant, il peut rester dans le sol et l’eau pendant des années, et son utilisation était répandue avant l’interdiction.

La découverte de chlorothalonil dans l’eau du robinet française souligne la nécessité d’une réglementation et d’un contrôle plus stricts des pesticides dans l’UE. L’UE élabore actuellement le règlement sur l’utilisation durable des pesticides (SUR) pour améliorer la gestion des pesticides et réduire les risques pour la santé humaine et l’environnement.

Le mauvais côté? La législation est actuellement dans les limbes, étant essentiellement bloqué jusqu’après les élections de 2024, ce qui peut être interprété comme un blocage de facto. Par qui? À l’heure actuelle, les commissions AGRI demandent une nouvelle évaluation d’impact.

Graphique avec l’aimable autorisation de Slow Food Europe

Une interdiction est-elle réellement une interdiction ?

Lors d’une récente réunion du comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et des aliments pour animaux (SCoPAFF) qui s’est tenue le 23 mars, les États membres ont voté en faveur du retrait d’approbation pour deux substances actives : ipconazole et oxamyl (« approuver le retrait de l’approbation » est une autre façon de dire – interdire).

Toutefois, les projets d’actes d’exécution seront soumis à des périodes de grâce qui dureront jusqu’à l’année prochaine. En outre, une interdiction ne signifie pas toujours que l’utilisation cessera – lors de la même réunion, les États membres ont délivré des autorisations temporaires pour l’utilisation d’environ 40 autres substances, bien qu’elles soient déjà interdites.

Dans le cas d’une des substances qui fera l’objet d’une extension d’usage, S-métolachlore (un cancérogène présumé) la bataille pour le mettre hors d’usage se livre depuis plus de 8 ans.

Selon François Veillerette, porte-parole de Générations Futures, cette lenteur du processus d’évaluation européen est responsable de tant d’années de contamination des eaux souterraines et de l’eau potable par les métabolites.

L’extension n’est pas le dernier obstacle dans la course à l’arrêt de l’utilisation du S-métolachlore. Étant l’une des substances herbicides les plus utilisées dans le pays, le ministre français de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé début avril son intention de faire réévaluer le risque du S-métolachlore.

Twitter

En chargeant le tweet, vous acceptez la politique de confidentialité de Twitter.
Apprendre encore plus

Charger le tweet

Protestation des méga-bassins

Le point d’ébullition de la polémique des méga-bassins a été retardé en France pendant plus d’un an, mais maintenant l’eau fait rage. Alors que ces bassins sont conçus pour collecter et stocker l’eau de l’approvisionnement en eau souterraine, certains agriculteurs et organisations environnementales s’inquiètent de l’impact des méga-bassins sur l’approvisionnement en eau souterraine et des valeurs démocratiques des pratiques agricoles.

Le pompage de l’eau de l’approvisionnement en eau souterraine peut entraîner une surexploitation et l’épuisement de la ressource, réduisant la quantité d’eau disponible à d’autres fins. En tant que solution à la sécheresse, les méga-bassins ne font pas le travail (leurs taux d’évaporation de l’hiver à l’été peuvent gamme de 20-40%) et constituent une forme d’accaparement de l’eau.

La Confédération Paysanne s’est prononcé contre l’utilisation de méga-bassins, citant les effets négatifs sur l’environnement et les petites exploitations familiales. De plus, la Confédération paysanne soutient que les méga-bassins donnent aux grandes exploitations industrialisées un avantage injuste, car elles disposent des ressources nécessaires pour installer et entretenir ces systèmes de stockage d’eau coûteux.

Dans l’ouest de la France, des manifestations ont eu lieu dans la campagne avec des agriculteurs et des militants exprimant leur opposition aux méga-bassins. Les manifestants soutiennent que le soutien du gouvernement aux méga-bassins démontre un manque d’intérêt pour l’environnement et les communautés locales, et que ces bassins contribuent à la destruction des petites exploitations.

Twitter

En chargeant le tweet, vous acceptez la politique de confidentialité de Twitter.
Apprendre encore plus

Charger le tweet

La polémique autour des méga-bassins a conduit à un débat plus large sur l’avenir de l’agriculture en France. Des solutions alternatives, telles que la mise en œuvre de pratiques agroécologiques, pourraient fournir une approche plus durable et démocratique de l’agriculture.

Les méga-bassins ne sont pas seulement un problème en France, où les gens ont poursuivis en justice pour s’opposer à ce qu’ils considèrent comme la privatisation d’un bien public. Dans d’autres pays européens, comme l’Espagne et l’Italie, l’utilisation de méga-bassins a également été critiquée pour leurs effets négatifs sur l’environnement et les pratiques agricoles.

Globalement, la polémique autour des méga-bassins met en lumière la nécessité de solutions plus durables et démocratiques en milieu rural et en agriculture. Bien que le pompage des eaux souterraines soit important pour l’agriculture, en particulier face au risque d’une autre sécheresse comme celle de 2022, il est important de prendre en compte l’impact plus large de ces systèmes et d’explorer des solutions alternatives qui soutiennent les petites exploitations et protègent l’environnement.

En savoir plus:

La nature reléguée au second plan – Tour d’horizon de l’UE

Manifestation, Pesticides et Parlement – ​​Tour d’horizon de l’actualité européenne

France | Pesticides, AOP & Plenty of Spin au Salon de l’Agriculture 2023

www.actusduweb.com
Suivez Actusduweb sur Google News


Ce site utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que cela vous convient, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. J'accepte Lire la suite