Paix et sécurité en Afrique : les solutions doivent être conçues avec la société civile
Madame la Présidente,
La France félicite le Mozambique pour l’organisation de ce débat. Nous saluons les progrès accomplis par votre pays en matière de paix et de réconciliation nationale.
Je remercie Mme Duarte, M. Chambas et M. Manzoni pour leurs exposés.
L’Afrique fait aujourd’hui face à des défis considérables : la pression du changement climatique, la persistance du terrorisme, les chocs économiques, sanitaires et géopolitiques. Il y a aussi le défi de la gouvernance et de la consolidation de l’État. Enfin, nous devons nous attaquer aux causes sous-jacentes des conflits. Ces enjeux ne sont pas seulement ceux de l’Afrique, ce sont des défis communs.
Face à cela, les seules réponses efficaces seront globales, coordonnées et solidaires. Les solutions sont d’abord celles promues par l’Union Africaine elle-même pour prévenir et résoudre les conflits. La France salue l’opérationnalisation du Fonds africain pour la paix et soutient la multiplication des opérations de paix africaines, car l’Union africaine a la capacité d’apporter des réponses fortes aux défis sécuritaires du continent. La France est prête à reprendre les discussions au sein du Conseil de sécurité pour assurer un financement durable et prévisible de ces opérations, y compris par le biais des quotes-parts.
Mais les défis vont bien au-delà des menaces à la sécurité. Nous devons établir des partenariats d’égal à égal avec les pays africains afin de mieux répondre ensemble aux enjeux de long terme, et en particulier aux défis environnementaux et de développement. C’est ce qu’ont fait la France et le Gabon début mars en organisant le One Forest Summit pour lutter contre le changement climatique et préserver la biodiversité. Dans le domaine de la santé, pour lutter contre la pandémie de Covid-19, la France a choisi de soutenir l’expertise scientifique africaine en soutenant la production de vaccins sur le continent. Pour financer des infrastructures durables, l’Union européenne a lancé il y a un an la stratégie Global Gateway. La moitié des 300 milliards d’euros mobilisés dans le cadre de cette stratégie sera dédiée à l’Afrique et plus d’un tiers de ses projets seront déployés en Afrique subsaharienne. Le sommet que la France organisera les 22 et 23 juin à Paris renforcera l’architecture financière internationale pour lutter contre les inégalités et financer la transition climatique.
Les solutions doivent être conçues avec tous les acteurs de la transformation des continents : jeunesse, société civile, entrepreneurs, chercheurs, sportifs et monde culturel. Les femmes et les jeunes doivent être au cœur de ces solutions. Les femmes africaines sont celles qui ont lancé le programme « Femmes, paix et sécurité » après la déclaration de Windhoek en 2000.
Il faut s’appuyer sur le potentiel exceptionnel du continent africain, sur sa société civile pour concevoir ensemble des solutions.
Merci.