La France et la Tchéquie disent que la Russie doit être vaincue et non écrasée

Dans des déclarations au cours du week-end, les dirigeants de la France et de la Tchéquie ont mis en garde contre la recherche d’un effondrement total de la Russie après la guerre en Ukraine, affirmant que cela serait problématique pour l’Europe et ont plutôt appelé à sa défaite.

Dans un entretien avec Journal du Dimanche,France interetLe Figaro, Samedi soir après la conférence de Munich sur la sécurité, le président français Emmanuel Macron a exposé sa vision du conflit en Ukraine, près d’un an après l’invasion russe.

Il a dit que la Russie devrait être vaincue mais s’est opposé à la position de ceux qui pensent que la Russie devrait être totalement vaincue, attaquée sur son sol.

Ces observateurs veulent avant tout écraser la Russie. Cela n’a jamais été la position de la France, et elle ne le sera jamais, a-t-il dit, exprimant une position plus nuancée qu’en juin où on lui reprochait d’avoir dit qu’il ne fallait pas humilier la Russie.

Ce qu’il faut aujourd’hui, c’est que l’Ukraine mène une offensive militaire qui perturbe le front russe pour déclencher un retour aux négociations, a-t-il déclaré, car, selon Macron, au final, cela ne se réglera pas militairement. [] étant donné qu’aucune des deux parties ne peut gagner entièrement.

Macron croit en une stratégie de dissuasion par le réarmement européen, qui ne peut se limiter à l’achat d’armes.

Nous devons aussi être capables de les produire et de construire notre architecture de sécurité sans avoir à la déléguer à d’autres, américains ou chinois, a-t-il dit, ajoutant que c’est cette souveraineté européenne qui seule assurera notre indépendance et notre sécurité.

L’Europe sera plus facilement respectée si elle a des armes. C’est aussi un moyen d’accélérer la composante européenne de l’OTAN, a-t-il dit.

La parole de Macron n’a aucune valeur, a commenté dimanche la porte-parole du Kremlin, Maria Zakharova.

Un problème pour l’Europe

Pendant ce temps, le président tchèque élu Petr Pavel a fait des déclarations similaires avertissant que si la Russie s’effondrait après la guerre en Ukraine, l’Europe pourrait faire face à de nombreux problèmes car il n’y aurait personne avec qui négocier des garanties de sécurité.

Pavel, qui doit prêter serment en tant que président le 9 mars, a pris la parole lors de la conférence de Munich sur la sécurité et a mis en garde contre l’excès d’optimisme au cas où la Russie s’effondrerait après la guerre.

Réagissant notamment au ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kuleba appelant le président russe Vladimir Poutine à s’agenouiller et à demander pardon au cas où la Russie perdrait la guerre, Pavel a appelé à la prudence dans l’évaluation des issues potentielles de ce conflit.

Il ne s’agit pas d’attendre le meilleur; il s’agit d’être prêt au pire, a-t-il ajouté.

Pavel a également averti qu’en cas d’effondrement de l’État russe, il n’y aurait personne avec qui négocier la garantie de sécurité et personne avec qui travailler sur la future architecture de sécurité en Europe.

Avec une Russie effondrée, nous aurons beaucoup de problèmes que nous n’envisageons pas maintenant, a-t-il dit.

Cependant, Pavel, ancien chef du comité militaire de l’OTAN, soutient fermement l’Ukraine, notamment en renforçant les systèmes de défense aérienne ukrainiens.

Lors de la conférence de Munich, Pavel a déclaré que tout ce que nous pouvons livrer, nous devons le faire maintenant, car il s’attend à davantage d’opérations aériennes de la Russie dans les semaines à venir.

(Davide Basso | EURACTIV.fr, Aneta Zachov | EURACTIV.cz)

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