La refonte de 12 milliards d’euros d’un grand hub ferroviaire en France prend forme
Gare Lille-Flandres (Photo: Jacek Wesolowski, Public Domain, Wikimedia)Domaine public
Suite à l’annonce de Macron fin novembre de se concentrer sur la création du réseau express régional ou Réseau Express Régional (RER) dans les 10 plus grandes métropoles françaises d’ici 2040, les études commencent à se concrétiser pour le « Service Express Métropolitain (SEM) de Lille’. Le projet dans la ville française à la frontière avec la Belgique devrait coûter 12 milliards d’euros.
Depuis 2019, la région Hauts-de-France, qui est la région la plus septentrionale de la France, la Métropole européenne de Lille et SNCF Réseau travaillent ensemble au sein d’un comité de pilotage sur le projet « SEM toile ferroviaire lilloise ». Ce projet vise à répondre aux besoins de mobilité des 3,8 millions de personnes qui vivent dans la métropole européenne de Lille et dans les régions belges limitrophes.
Le projet contribuera également à réduire les émissions de carbone du transport régional en augmentant la part modale du rail. En effet, il doit permettre à la région Hauts-de-France d’atteindre 200 000 voyageurs quotidiens sur les trains Transport Express Régional (TER) d’ici 2040, soit une augmentation de 60 % de la fréquentation par rapport à 2017.
Une meilleure offre
Selon SNCF Réseaux, l’objectif est de doubler la fréquence des trains aux heures de pointe sur le pôle ferroviaire de Lille d’ici 2035-2040. (…) Ce doublement de fréquence concerne l’ensemble des services voyageurs sur les six axes radiaux du pôle ferroviaire de Lille, aussi bien les services rapides que les omnibus. Plus précisément, il s’agit d’un train toutes les 10 minutes en heure de pointe, desservant les axes reliant Lille à Hazebrouck, Lens, Valenciennes, Douai, ainsi que Bthune via une nouvelle ligne ferroviaire Lille-Hnin.
Cette nouvelle ligne à deux voies de 37 kilomètres reliera Lille à Hnin-Beaumont, qui deviendra à son tour un hub, reliant les lignes de l’ancien bassin minier, dont Lens, Livin, Bthune et Arras. Selon les médias locaux France 3 et France Bleu, il faudra douze ans pour mener à bien le projet, dont huit ans d’études techniques et quatre ans de construction. De plus, la technologie nécessaire pour traverser les bassins versants qui alimentent la ville en eau potable pourrait renchérir le coût du projet, estimé à 2 milliards d’euros.
De nouvelles gares à Lille
La gare Lille-Flandres étant saturée, une troisième station souterraine sera construite sous le parc Matisse, à 35 mètres de profondeur, pour éviter les tunnels du métro. Cette nouvelle gare, dont le coût est estimé à 2 milliards d’euros, devrait voir 16 millions de voyageurs par an, contre les 10 millions de Lille Europe.
Une gare souterraine permettra aux voyageurs de traverser la métropole en train, car la gare Lilles-Flandres est une gare sans issue, et la densité urbaine empêche la construction de nouvelles voies aériennes. Il faudra donc construire environ 17 kilomètres de tunnels, selon une première étude d’Egis.
Récemment, une autre station de métro doit être construite sous l’aéroport de Lesquin. Celui-ci reliera l’aéroport au centre-ville en 9 minutes, et à la voie ferrée vers Valenciennes. Ces gares souterraines permettent une meilleure liaison entre le bassin et le Nord-Ouest, vers Armentires et Hazebrouck, et le Nord-Est, vers Roubaix, Tourcoing, et Courtrai.
Financement du projet
En tenant compte de l’inflation et des 20 ans prévus pour la réalisation du projet, le coût final est proche de 10 milliards d’euros. Le gouvernement français financera la majorité du projet via l’Agence de financement des infrastructures de transport (AFIT). L’Europe participera également au financement des lignes reliant Lille aux villes belges de Courtrai et Tournai.
Il faut aussi prendre en compte les 2 milliards d’euros nécessaires à l’achat de 70 rames neuves, ainsi que le surcoût mensuel de 200 millions d’euros pour le conseil régional, à ajouter aux 530 millions d’euros que la collectivité verse au SNCF chaque mois pour exploiter les TER. A ce titre, le coût total du projet sera d’au moins 12 milliards d’euros.
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